Publié le 13 février 2026 18:01:00. Des chercheurs ont réussi à identifier le plus ancien virus à ARN humain connu, un virus du rhume datant d’environ 250 ans, grâce à l’analyse de tissus conservés dans un musée écossais. Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de l’évolution des virus et des maladies respiratoires passées.
- Un virus du rhume vieux de 250 ans a été identifié grâce à l’analyse génétique de tissus conservés.
- La technique utilisée permet de récupérer de l’ARN à partir d’échantillons plus anciens que ce qui était possible jusqu’à présent.
- Cette découverte pourrait révolutionner l’étude des virus à ARN et de leur évolution.
L’identification de ce virus, isolé à partir de tissus pulmonaires d’une femme décédée à Londres vers 1770, marque une étape importante dans la paléogénomique virale. Jusqu’à présent, la récupération d’ARN ancien était limitée aux matériaux exceptionnellement bien conservés, comme ceux retrouvés dans le pergélisol ou les graines desséchées. L’ARN, contrairement à l’ADN, est une molécule fragile qui se dégrade rapidement après la mort, rendant sa détection dans des échantillons anciens particulièrement difficile.
L’équipe de recherche, dirigée par Erin Barnett du Fred Hutchinson Cancer Center à Seattle, Washington, a exploré les collections pathologiques européennes à la recherche d’échantillons suffisamment bien conservés pour permettre la survie de l’ARN. C’est au Hunterian Anatomy Museum de l’Université de Glasgow, au Royaume-Uni, qu’ils ont trouvé leur trésor : des échantillons de tissus pulmonaires conservés dans de l’alcool, provenant de deux individus décédés en 1770 et 1877, tous deux victimes de graves affections respiratoires.
L’analyse de ces tissus a révélé que l’ARN récupéré était très fragmenté, avec des morceaux ne mesurant en moyenne que 20 à 30 nucléotides (contre plus de 1 000 pour les molécules d’ARN dans les cellules vivantes). Malgré cette fragmentation, les chercheurs ont réussi à reconstituer l’intégralité du génome à ARN d’un rhinovirus provenant de la femme décédée au XVIIIe siècle. Ils ont également identifié la présence de bactéries responsables de maladies respiratoires, telles que Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae et Moraxella catarrhalis.
En comparant ce génome viral ancien à une base de données des National Institutes of Health des États-Unis, les scientifiques ont découvert qu’il appartient au groupe des rhinovirus humains A et représente une lignée éteinte, étroitement liée au génotype moderne connu sous le nom d’A19. Erin Barnett explique :
« En le comparant aux virus actuels, nous estimons que ce virus historique et l’A19 moderne ont partagé pour la dernière fois un ancêtre commun dans les années 1600. »
Cette découverte ouvre la voie à l’étude de virus à ARN plus anciens et à une meilleure compréhension de l’évolution des maladies infectieuses. J’adore Dalén de l’Université de Stockholm en Suède souligne :
« Cela représente une découverte très importante car elle démontre la possibilité de récupérer l’ARN à partir de collections humides antérieures à l’utilisation du formol. »
Il ajoute :
« Il s’agit de la première phase de ce qui deviendra une explosion dans l’étude des virus à ARN. De nombreux virus à ARN évoluent rapidement, ce qui signifie que leur étude sur des échelles de temps de plusieurs centaines d’années fournira des informations très importantes sur l’évolution des virus. »
Les chercheurs espèrent que cette étude contribuera à mieux connaître l’histoire des individus dont les tissus ont été analysés, dont l’identité reste largement inconnue.
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