Publié le 10 octobre 2025. Une éventuelle bulle de l’intelligence artificielle pourrait avoir des répercussions mondiales, mais aussi présenter des opportunités, notamment pour l’Europe. Des figures de la finance expriment des préoccupations quant à la surévaluation de certains actifs liés à l’IA.
- Des avertissements sur une potentielle bulle de l’IA se multiplient parmi les acteurs financiers majeurs.
- Une correction du marché américain pourrait se propager à l’Europe, mais aussi rediriger des investissements vers le continent.
- L’éclatement d’une telle bulle ne ressemblerait pas à un krach, mais plutôt à une sélection des entreprises les plus solides, à l’instar de la bulle internet.
La semaine dernière a été marquée par une série d’alertes concernant un possible éclatement de la bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle. Jamie Dimon, président de JP Morgan, a qualifié les actions américaines de surévaluées, anticipant des pertes inévitables sur certains investissements dans l’IA. Ces propos font écho à des mises en garde similaires de la Banque d’Angleterre et de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, qui a lui aussi évoqué une bulle dans le secteur technologique.
Jamie Dimon a prédit une correction des marchés boursiers américains dans les six à douze prochains mois. Selon l’analyste des marchés Susannah Streeter, cette correction aura inévitablement des répercussions au-delà de l’Atlantique. « S’il y a une forte baisse aux États-Unis, cela provoquera inévitablement une certaine contagion », a-t-elle expliqué. Elle rappelle néanmoins l’importance d’une vision à long terme pour les investisseurs, qui doivent accepter les fluctuations du marché.
Pour l’heure, rien n’indique que la bulle soit sur le point d’éclater, mais les investisseurs commencent à s’interroger sur leur exposition. « On voit encore de grandes stars comme Nvidia gagner du terrain sur les marchés… donc, pour l’instant, il semble que l’enthousiasme pour tout ce qui concerne l’IA se poursuive », a précisé Susannah Streeter. Cependant, la multiplication des avertissements pourrait entraîner une réévaluation des portefeuilles, un mouvement déjà observé.
Dans ce contexte, certains investisseurs institutionnels réorientent leurs capitaux. « Les entreprises sont plus enclines à investir dans des entreprises en Europe, parce que les gens pensent que c’est le moment de réévaluer et de voir si je suis trop investi aux États-Unis », a souligné l’analyste. Elle conseille de vérifier si son portefeuille n’est pas trop déséquilibré, notamment en raison de l’influence des géants technologiques sur les indices boursiers.
Jeff Bezos a comparé un éventuel éclatement de la bulle IA non pas à un krach financier, mais plutôt à la bulle « saine » observée lors de l’essor des entreprises .com. Selon cette analogie, si certaines entreprises devaient disparaître et des investissements être perdus, celles qui survivraient seraient plus robustes et plus bénéfiques pour les utilisateurs. « Toutes les entreprises technologiques ne sont pas créées de la même manière », a-t-elle ajouté, rappelant que les actions d’Amazon avaient chuté de 90 % lors de la crise de la bulle Internet avant de connaître une forte croissance.
« Il y aura des survivants et certaines des futures stars pourraient être encore en production – imaginées dans un laboratoire en attendant d’être découvertes. »
Susannah Streeter, analyste des marchés financiers