Publié le 10 février 2024 16h00:00. Une nouvelle approche de l’entraînement, basée sur la restriction du flux sanguin, pourrait offrir une solution prometteuse pour lutter contre la graisse abdominale viscérale, un facteur de risque majeur du diabète de type 2, même avec des charges très légères.
- L’entraînement à la restriction du flux sanguin (BFRT) réduit significativement la graisse viscérale chez les personnes atteintes de diabète de type 2.
- Contrairement à l’entraînement traditionnel, le BFRT cible spécifiquement la graisse abdominale nocive, tout en développant une masse musculaire comparable.
- Cette méthode est particulièrement adaptée aux personnes ayant des difficultés à soulever des poids lourds, notamment en raison de problèmes articulaires.
Des chercheurs du Centre allemand du diabète (DDZ) ont mis en évidence l’efficacité d’une méthode d’entraînement innovante pour cibler la graisse abdominale viscérale, particulièrement dangereuse pour la santé. Publiés récemment dans la revue spécialisée Métabolisme cellulaire, leurs travaux démontrent que l’entraînement à la restriction du flux sanguin (BFRT) peut induire des changements métaboliques positifs, même avec des poids représentant seulement 30 % de la force maximale.
L’étude, menée sur 12 semaines auprès de 20 personnes diabétiques de type 2, a comparé deux groupes. L’un s’est entraîné en force de manière conventionnelle avec des charges lourdes, tandis que l’autre a adopté la méthode BFRT. Les résultats ont révélé que les deux groupes ont développé une masse musculaire similaire. Cependant, seule la méthode BFRT a permis une réduction significative de la graisse viscérale, de l’ordre de 13,3 %. Cette graisse, située autour des organes internes, est connue pour favoriser l’inflammation et augmenter la résistance à l’insuline, augmentant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires.
L’entraînement à la restriction du flux sanguin consiste à appliquer des bandelettes spécifiques sur les membres, limitant ainsi le retour veineux et créant un manque d’oxygène localisé dans les muscles. Ce stress contrôlé stimule l’adaptation cellulaire, même avec des charges légères. Les chercheurs ont observé des améliorations concrètes au niveau cellulaire : une augmentation de l’efficacité des mitochondries (les centrales énergétiques des cellules) de 52 à 58 %, une meilleure formation de nouveaux vaisseaux sanguins et une amélioration globale de la santé métabolique.
Cette approche représente une solution potentielle pour les personnes diabétiques de type 2 qui souhaitent développer leur masse musculaire mais sont limitées par leur force physique, des problèmes articulaires, l’obésité ou une faiblesse générale. L’entraînement en force est reconnu comme un pilier du traitement du diabète, mais il est souvent difficile à mettre en œuvre pour ces patients.
La méthode BFRT est déjà utilisée en rééducation et gagne du terrain en diabétologie. Des données préliminaires suggèrent également des effets positifs sur la glycémie et la tension artérielle. Cependant, les auteurs de l’étude soulignent la nécessité d’une formation spécifique du personnel encadrant (dans les centres de physiothérapie ou de remise en forme) et d’une autorisation médicale préalable pour une utilisation généralisée.
Des recherches supplémentaires sont en cours pour évaluer les effets à long terme et déterminer les programmes d’entraînement optimaux. Néanmoins, cette méthode respectueuse des articulations pourrait offrir une nouvelle voie efficace vers une meilleure santé pour des millions de personnes atteintes de diabète de type 2.
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