Publié le 7 octobre 2025. Face à la flambée des prix et aux pénuries, de plus en plus d’Américains se tournent vers des sources non réglementées pour obtenir des médicaments à base de GLP-1, tels que ceux utilisés pour la perte de poids et le traitement du diabète. Cette tendance suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité et à la qualité de ces produits.
- La FDA met en garde contre les GLP-1 vendus sur le « marché gris » (tels que le sémaglutide ou le tirzépatide), qui ne font pas l’objet d’évaluations de sécurité, de qualité ou d’efficacité.
- Ces médicaments, potentiellement contrefaits, contaminés ou mal composés, contournent la chaîne d’approvisionnement légale et peuvent différer des versions approuvées.
- Les risques incluent le surdosage, des nausées sévères, la déshydratation et d’autres complications, comme le signalent les rapports d’événements indésirables.
La demande croissante pour les agonistes du récepteur du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) pour la perte de poids et la gestion du diabète a conduit certains consommateurs à chercher des alternatives aux pharmacies traditionnelles. Les prix élevés, les barrières d’assurance et les ruptures de stock récurrentes poussent certains Américains à se tourner vers des vendeurs en ligne non réglementés. Ces derniers proposent parfois des versions appelées « sémaglutide composé » ou des produits « à usage de recherche uniquement », expédiés directement aux consommateurs avec une surveillance limitée.
L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a émis des avertissements clairs concernant ces produits du « marché gris ». Elle précise que ces substances ne sont pas évaluées pour leur innocuité, leur qualité ou leur efficacité. N’appartenant pas à la chaîne d’approvisionnement légale des médicaments, ils peuvent être contrefaits, contaminés ou préparés de manière inappropriée, selon l’agence. Des recherches récentes, notamment une publication dans le JAMA Health Forum, ont souligné que certaines formes chimiques de sémaglutide utilisées dans ces produits composés pourraient ne pas être vérifiées et différer des versions approuvées par la FDA.
Le Dr Frank Dumont, directeur médical chez Virta Health, explique que ce phénomène reflète un « désespoir croissant d’accéder à ces médicaments en dehors des canaux médicaux réglementés ». Il souligne que les médicaments sur ordonnance sont soumis à des contrôles stricts, de l’approbation de la FDA à leur fabrication et leur prescription, afin de garantir la sécurité des patients. « Les mesures de sécurité habituelles ont été contournées, d’une manière ou d’une autre, ce qui augmente le risque médical lié à l’utilisation de tels produits », avertit-il. Les professionnels de santé agréés et les pharmacies sont étroitement surveillés, contrairement aux entités opérant sans licence, qui échappent à ce contrôle de qualité et de sécurité.
L’accès facilité via Internet rend « trop facile pour une personne recherchant un médicament tel qu’un GLP-1 de trouver, intentionnellement ou non, des sources douteuses », ajoute le Dr Dumont. La désinformation, notamment sur les réseaux sociaux, et le battage médiatique autour de ces médicaments contribuent également à cette situation. Le coût élevé des traitements approuvés, parfois plus de 1 000 dollars par mois sans couverture d’assurance, incite certains patients à chercher des versions moins chères, souvent non réglementées.
Face à cette problématique, les autorités réglementaires intensifient leurs actions. En avril 2025, la FDA et le fabricant Novo Nordisk ont alerté sur la circulation d’unités contrefaites d’Ozempic dans la chaîne d’approvisionnement américaine. La FDA aurait saisi ces unités pour enquête. L’agence de santé a reçu des centaines de rapports d’effets indésirables liés aux composés de sémaglutide et de tirzépatide, incluant des surdosages, des nausées sévères, la déshydratation et d’autres complications.
Les procureurs généraux de 38 États ont exhorté la FDA à sévir contre les distributeurs de produits contrefaits, selon l’Association nationale des procureurs généraux. Les experts juridiques rappellent que même les pharmacies agréées pourraient être sanctionnées si elles manipulent, même involontairement, des produits frelatés ou mal étiquetés.
« Si les promesses ou le prix semblent trop beaux pour être vrais, ils le sont probablement. »
Dr Frank Dumont, directeur médical chez Virta Health
Pour les consommateurs préoccupés par les produits non réglementés, le conseil du Dr Dumont est de s’en tenir aux voies médicales légitimes. Il recommande de privilégier les versions approuvées par la FDA et de rester sceptique face aux offres en ligne. « Quand il s’agit d’Internet, soyez sceptique. Si les promesses ou le prix semblent trop beaux pour être vrais, ils le sont probablement », conclut-il.