Publié le 26 février 2026. Une équipe d’archéologues a révélé qu’une femme de l’âge du fer, découverte en Sibérie, a subi une opération chirurgicale complexe à la mâchoire il y a environ 2 500 ans, témoignant de compétences médicales avancées chez les peuples Pazyryk.
Des analyses récentes de la tête momifiée d’une femme découverte sur le plateau d’Oukok, dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie, ont révélé qu’elle avait été opérée de l’articulation de la mâchoire droite. L’intervention, qui a déformé son crâne, lui a néanmoins permis de continuer à parler et à manger, bien que la durée de sa survie après l’opération reste inconnue.
Cette découverte, qui n’est pas une surprise totale pour les chercheurs, s’inscrit dans la continuité d’études antérieures démontrant que le peuple Pazyryk pratiquait la trépanation crânienne et la momification. Ces techniques exigeaient une connaissance approfondie de l’anatomie humaine et ont probablement contribué au développement de compétences chirurgicales.
Selon Natalia Polosmak, archéologue et co-auteure de l’étude, publiée dans l’annuaire Problems of Archaeology, Ethnography, and Anthropology of Siberia and Adjacent Territories par l’Académie russe des sciences, la chirurgie était essentielle à la survie des populations dans un climat rigoureux :
« Si elles n’avaient pas de connaissances médicales et n’utilisaient pas la chirurgie, comment auraient-elles pu survivre dans un environnement aussi hostile ? »
Natalia Polosmak, archéologue
La femme, retrouvée en 1994 conservée par le froid, appartenait à la culture Pazyryk, qui a prospéré entre 500 et 200 avant J.-C. Les tombes de cette culture sont réputées pour leur état de conservation exceptionnel, avec des corps momifiés ornés de tatouages, de textiles richement décorés et d’objets artisanaux.
Le tombeau de cette femme, cependant, était relativement sobre, ne contenant qu’une perruque, un accessoire traditionnel porté par les femmes Pazyryk. Cette simplicité avait initialement suscité peu d’intérêt de la part des chercheurs.