Home Santé Les astronomes capturent le moment où une nouvelle planète forme un disque de poussière pour la première fois

Les astronomes capturent le moment où une nouvelle planète forme un disque de poussière pour la première fois

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Publié le 15 octobre 2025. Pour la toute première fois, des astronomes ont réussi à observer la naissance d’une planète au sein d’un disque de poussière, une observation révolutionnaire réalisée grâce au Very Large Telescope (VLT) de l’ESO. Cette prouesse offre un aperçu inédit des tout premiers instants de la formation planétaire autour d’une jeune étoile.

Une équipe internationale d’astronomes a capturé une image d’une clarté sans précédent montrant une jeune planète en formation, sculptant son environnement immédiat. Ce phénomène rare a été observé autour de l’étoile jeune HD 135344B, située à environ 440 années-lumière de la Terre dans la constellation du Scorpion. Les données, recueillies à l’aide de l’instrument infrarouge ERIS du VLT de l’Observatoire européen austral (ESO) et publiées dans les Astrophysical Journal Letters, révèlent un point lumineux et dense à l’origine d’une des structures en spirale du disque protoplanétaire. Cette signature est interprétée comme celle d’une planète encore en phase d’accrétion de matière.

« Nous n’assisterons jamais à la formation de la Terre, mais ici, autour d’une jeune étoile à 440 années-lumière, nous avons pu observer directement la naissance d’une planète. »

Francesco Maio, auteur principal de l’étude et chercheur à l’Université de Florence (cité par Earth le 11 octobre 2025).

La planète détectée se trouve à environ 4,5 milliards de kilomètres de son étoile, une distance comparable à celle de Neptune au Soleil. Les estimations suggèrent qu’elle possède une masse équivalente à deux fois celle de Jupiter. Cette taille imposante expliquerait sa capacité à façonner le gaz environnant et à créer les bras spiraux caractéristiques du disque observé.

« Ce qui rend cette détection potentiellement historique, c’est que, contrairement à de nombreuses observations précédentes, nous avons pu capter directement le signal de la protoplanète, même si elle était encore immergée dans le disque », explique Francesco Maio, désormais rattaché à l’Observatoire d’astrophysique Arcetri en Italie. « Cela nous confère un niveau de confiance bien plus élevé quant à l’existence de cette planète, car nous observons sa propre lumière. »

La structure en spirale autour de HD 135344B avait déjà été identifiée en 2018 par l’instrument SPHERE, laissant deviner l’influence gravitationnelle d’une jeune planète. Les nouvelles observations d’ERIS apportent aujourd’hui la preuve la plus probante de la formation d’une planète au sein de ce disque.

L’instrument ERIS a également été employé pour étudier l’étoile V960 Mon, un astre appartenant à la catégorie rare des FU Orionis et qui avait connu un brusque pic de luminosité en 2014. Les analyses révèlent un disque très perturbé, parcouru de spirales et d’amas denses dus à une instabilité gravitationnelle. Ce scénario pourrait mener à la formation de planètes géantes gazeuses ou de naines brunes.

« Des études antérieures avaient mis en évidence la présence de matière instable, mais il restait une inconnue quant à ce qui se passait ensuite. Avec ERIS, nous cherchions des fragments lumineux et denses qui indiqueraient la présence d’un corps céleste dans le disque, et nous l’avons trouvé », a déclaré Anuroop Dasgupta de l’ESO, qui a dirigé les observations sur V960 Mon.

Ces découvertes dans deux jeunes systèmes stellaires éclairent d’un jour nouveau le processus de formation planétaire. Le cas de HD 135344B démontre une étape où le disque est suffisamment stable pour permettre à une seule planète massive de créer une structure en spirale. Dans le cas de V960 Mon, le scénario suggère une formation planétaire par effondrement gravitationnel rapide.

Grâce à la précision de l’instrument ERIS dans l’infrarouge et au soutien de télescopes comme ALMA, les astronomes disposent désormais d’outils leur permettant d’analyser plus finement la structure gazeuse et poussiéreuse entourant les jeunes étoiles. L’arrivée de télescopes de nouvelle génération, comme l’Extremely Large Telescope (ELT) attendu pour la fin des années 2020, promet de détecter des planètes de plus petite taille et de mesurer leur masse avec une précision inégalée.

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