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Les banques commencent tout juste à s’effondrer

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Les récentes faillites de Tricolor Holdings, un concessionnaire automobile, et de First Brands, un fabricant de pièces détachées, ont secoué les marchés financiers et suscité de vives interrogations. Si pour certains, ces événements sonnent comme une prise de conscience tardive des risques inhérents au secteur de la finance parallèle, la surprise semble régner au sein d’une partie de la classe médiatique et des investisseurs, interpellés par l’ampleur des prêts accordés par les grandes banques à ces entités aujourd’hui en difficulté.

Ces affaiblissements financiers, imputés en partie à des prêts non garantis accordés à Tricolor Holdings et à First Brands, avaient été anticipés par une analyse approfondie des risques liés au secteur bancaire parallèle. Le manque de réglementation, l’opacité et les modèles économiques à haut risque de ces prêteurs alternatifs laissaient présager une dégradation majeure. La couverture médiatique actuelle suggère toutefois que cette anticipation était loin d’être partagée par tous.

Une note d’alerte avait déjà été émise par le Fonds Monétaire International (FMI) dans un rapport récent, pointant les expositions importantes des banques traditionnelles aux prêteurs parallèles comme l’un des risques majeurs pour la stabilité financière mondiale. Ces avertissements, souvent ignorés, prennent aujourd’hui une résonance particulière.

Le FMI estime ainsi l’exposition des banques mondiales aux prêteurs parallèles à environ 4 500 milliards de dollars. Bien que les chiffres spécifiques aux banques américaines ne soient pas isolés, la Réserve Fédérale (Fed) évoquait l’année dernière un montant proche de 3 000 milliards de dollars. Compte tenu de la croissance rapide du secteur, ce chiffre pourrait désormais avoisiner les 3 500 milliards de dollars, dépassant les fonds propres totaux du système bancaire américain, estimés à environ 2 500 milliards de dollars. L’exposition hors bilan, difficile à chiffrer précisément, pourrait porter le total à près de 5 000 milliards de dollars. Cela signifie que le seul risque lié au secteur bancaire parallèle pourrait atteindre le double des fonds propres totaux du système bancaire, sans compter les cinq autres problèmes majeurs identifiés dans les bilans bancaires.

Le rapport du FMI met également en lumière la concentration de ces expositions au sein des plus grandes banques, responsables d’environ 90 % des prêts accordés aux prêteurs parallèles. À la différence de leurs homologues européennes, les banques américaines détiennent d’importants engagements non tirés, une situation qui a conduit plusieurs d’entre elles à afficher des liquidités nettes disponibles négatives, un facteur clé dans les récentes faillites bancaires.

Une autre observation du FMI concerne la forte dépendance des banques américaines exposées aux prêteurs parallèles au financement de gros. Cette dépendance, déjà identifiée comme un signal d’alerte majeur, combinée à une exposition significative au secteur parallèle, crée un risque extrêmement élevé pour les plus grandes institutions financières américaines.

Le FMI attribue cette croissance exponentielle des prêts aux banques parallèles à deux facteurs principaux : des rendements très élevés et une réglementation laxiste, qui n’exigeait la détention que d’un capital minimal pour ces opérations. Une régulation plus stricte, imposant des pondérations de risque plus élevées pour ces prêts, aurait pu prévenir cette situation il y a plusieurs années. Les régulateurs disposent aujourd’hui de marges de manœuvre limitées, l’exposition des banques au secteur dépassant déjà largement leur base de capital.

En conclusion, l’analyse met en garde contre les risques accrus dans le secteur bancaire actuel, potentiellement plus importants qu’en 2008 lors de la crise financière mondiale. Les problèmes majeurs identifiés incluent l’immobilier commercial, l’endettement des consommateurs, les titres à long terme, les produits dérivés de gré à gré, le secteur bancaire parallèle et les prêts commerciaux et industriels. Face à ce tableau, les banques communautaires, privilégiées par les analystes pour leur solidité et leurs modèles économiques conservateurs, sont présentées comme une alternative plus sûre. Il est toutefois rappelé l’importance d’une vigilance constante et d’une diligence raisonnable pour choisir des institutions financières fiables, soulignant que la dépendance à des mécanismes comme la FDIC pourrait ne plus suffire face à l’évolution du secteur vers des « renflouements internes ».

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