Home Économie « Les banques du Venezuela doivent déjà vendre des crypto-monnaies »

« Les banques du Venezuela doivent déjà vendre des crypto-monnaies »

0 comments 60 views

Publié le 2025-10-31 23:26:00. Alors que d’autres nations latino-américaines et européennes intègrent déjà les cryptoactifs dans leur système bancaire, le Venezuela peine à franchir le pas. Le président de la Chambre vénézuélienne de commerce électronique (Cavecom-e) appelle les banques à saisir cette opportunité, tout en soulignant le besoin urgent d’un cadre réglementaire clair.

  • Les banques vénézuéliennes manquent une opportunité économique en n’offrant pas de services liés aux cryptoactifs.
  • Un cadre réglementaire adapté est nécessaire pour permettre aux banques d’opérer sur le marché des actifs numériques.
  • Le Venezuela se classe 18ème mondial dans l’adoption des crypto-monnaies, malgré le retard du secteur bancaire.

Le secteur bancaire vénézuélien reste à la traîne en matière de gestion et de commercialisation directe d’actifs numériques, contrairement à des pays comme la Colombie avec Bancolombia ou l’Espagne avec Santander, qui proposent déjà à leurs clients d’échanger du Bitcoin, des stablecoins et d’autres cryptoactifs. Richard Ujueta, président de Cavecom-e, déplore ce manque d’initiative :

« Les banques du Venezuela devraient déjà vendre des crypto-monnaies, c’est un secteur qui connaît un grand dynamisme dans le monde entier. Elles (les banques) sont laissées hors service et nous voyons depuis Cavecom-e que le flux de capitaux va dans cette direction. »

Richard Ujueta, président de Cavecom-e

Malgré ce retard, M. Ujueta est convaincu que ce n’est qu’une question de temps avant que ces services ne soient proposés dans le pays. Il souligne que les institutions financières nationales sont déjà connectées aux entreprises de l’écosystème des crypto-monnaies, comme en témoigne l’alliance établie en février avec la société Crixto, qui a ouvert de nouvelles voies de paiement pour les commerçants.

Pour que les banques vénézuéliennes puissent proposer l’achat et la vente d’actifs numériques, l’établissement de règles claires est indispensable. Ce besoin dépasse les dispositions déjà existantes depuis l’annonce du Petro (PTR) en 2017 par le président Nicolas Maduro. M. Ujueta plaide pour un cadre de collaboration semblable à celui mis en place aux États-Unis pour les opérations entre monnaies fiduciaires et cryptomonnaies.

Le président de Cavecom-e estime qu’un tel système interconnecté est une évolution naturelle à l’échelle mondiale. Des avancées dans ce sens sont déjà en cours, notamment avec le développement d’un réseau interbancaire basé sur la blockchain, annoncé récemment par Rodolfo Gasparri, président de Conexus et développeur du système de paiement mobile.

Une étude de la société de recherche blockchain Chainalysis révèle que le Venezuela se positionne à la 18ème place mondiale en matière d’adoption des crypto-monnaies, témoignant d’un intérêt marqué de la population et des entreprises pour ces actifs. Ce taux d’adoption par le tissu économique est considéré comme un aspect « important » par Richard Ujueta.

« Au sein du syndicat, l’acceptation des actifs numériques a été importante. Le grand conglomérat commercial est impliqué dans les crypto-monnaies. Cela ne s’est plus produit depuis. Ce qui se passe, c’est que les hommes d’affaires ont toujours eu des doutes, mais ils ont déjà vu leurs avantages et sont plus calmes », observe M. Ujueta. Selon ses estimations, 25% de la population vénézuélienne, soit environ 7 millions de personnes, utiliserait ou détiendrait des cryptoactifs. Actuellement, seules deux entreprises, Crixto et Kontigo, sont autorisées à opérer sur ce marché au Venezuela, mais de nouvelles licences pourraient être accordées prochainement, selon M. Ujueta, qui note une participation hebdomadaire en forte hausse pour ces opérateurs.

L’adoption des crypto-monnaies au Venezuela s’explique par la nécessité pour les citoyens de se protéger contre l’inflation galopante, la pénurie de dollars et la dévaluation du bolivar. Le gouvernement avait par le passé tenté de promouvoir le Petro, sans succès notable. Avec la montée en puissance des stablecoins à l’échelle mondiale et l’annonce par le président Maduro en août 2024 de la volonté de revenir sur la voie des crypto-monnaies, l’émergence d’une nouvelle proposition nationale d’actif numérique, telle qu’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) ou un stablecoin adossé au dollar, n’est pas à exclure.

Richard Ujueta suggère que le Venezuela pourrait explorer une monnaie numérique adossée à des matières premières, comme le pétrole par le passé, plutôt qu’à une devise étrangère. Il estime que le pays devrait également se pencher sur les opportunités offertes par la tokenisation, en envisageant de numériser ses réserves d’or ou ses actifs immobiliers, à l’instar de ce qui se fait déjà en Espagne et aux États-Unis. Concernant l’utilisation croissante du Tether (USDT) pour les transactions courantes, M. Ujueta y voit une tendance positive, mais juge illogique que la Banque Centrale du Venezuela (BCV) détienne des réserves dans cet actif. Il affirme que le pays privilégiera des actifs plus sûrs et mieux contrôlés pour ses réserves officielles.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.