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Les Bodycams portées par les caissiers de Toronto FreshCo soulèvent des questions sur la sécurité et la confidentialité

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Publié le 2025-10-26 14:33:00. Certaines épiceries Sobeys à Toronto testent actuellement des caméras corporelles portées par les employés dans le cadre d’un projet pilote visant à lutter contre le harcèlement et le vol à l’étalage, suscitant des débats sur la sécurité et la vie privée.

  • Le détaillant Sobeys a confirmé le lancement d’un projet pilote de caméras corporelles pour ses employés.
  • Ces dispositifs visent à contrer le harcèlement, les agressions envers le personnel et à prévenir le vol à l’étalage.
  • Des préoccupations ont été soulevées quant à la vulnérabilité accrue des employés et au respect de la vie privée des clients.

Des caméras corporelles ont été aperçues sur des employés de magasins FreshCo, une bannière de Sobeys, provoquant la confirmation officielle du projet pilote par le détaillant. La porte-parole de Sobeys, Caitlin Gray, a expliqué que l’objectif principal est de réduire les incidents de violence et d’agression dirigés contre le personnel et la clientèle, ainsi que de dissuader les actes de malveillance comme le vol à l’étalage. Elle a précisé que les caméras ne s’activent qu’en cas d’incident et ne servent pas à une surveillance continue des employés.

Cependant, cette initiative soulève des questions. James Turk, directeur du Centre pour la libre expression de l’Université métropolitaine de Toronto, exprime des réserves, craignant que ces caméras ne rendent les employés plus vulnérables. « Je pense que cela rend tout employé… plus vulnérable plutôt que plus en sécurité, car des voleurs potentiels peuvent voir la caméra corporelle et vouloir simplement la leur arracher », a-t-il déclaré à CBC Toronto. Il suggère que des caméras fixes, judicieusement positionnées, pourraient offrir une surveillance similaire sans exposer le personnel de manière aussi directe.

Sobeys affirme avoir constaté une « diminution significative de la violence et des agressions » dans les lieux où les caméras ont été déployées. Cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large dans le secteur de la distribution alimentaire, Loblaw Companies Limited menant également un projet pilote similaire depuis deux ans dans certains de ses magasins.

Les experts en protection de la vie privée s’inquiètent également de cette pratique. Bien que le Commissariat à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario ne supervise pas les organisations du secteur privé, il a exprimé sa préoccupation quant à la possibilité que ces caméras recueillent « plus d’informations que nécessaire ». Le public devrait être informé de l’utilisation de ces dispositifs, de la conservation des données et de leur durée, a souligné l’organisme. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada renchérit en rappelant que toute organisation soumise à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques doit informer le public de la présence de vidéosurveillance et s’assurer que les enregistrements non nécessaires sont détruits ou anonymisés. Sobeys assure de son côté respecter toutes les lois applicables en matière de confidentialité et que la signalisation appropriée est en place dans les magasins participants.

Du côté des associations professionnelles, Rui Rodrigues, conseiller exécutif pour la prévention des pertes et la gestion des risques au Conseil canadien du commerce de détail (CCC), soutient fermement l’utilisation des caméras corporelles. Il explique que les détaillants explorent diverses stratégies pour faire face à une augmentation notable des vols et des incidents violents dans les points de vente ces dernières années. Rodrigues considère que la visibilité des caméras corporelles constitue un moyen de dissuasion plus efficace que les caméras de surveillance traditionnelles, rappelant que des dispositifs similaires, comme les moniteurs de surveillance à l’entrée des magasins, sont déjà utilisés à cette fin.

Concernant la perception que les caméras corporelles seraient redondantes par rapport aux caméras fixes, Rodrigues estime qu’elles offrent une perspective unique et potentiellement plus efficace pour enregistrer les agissements des criminels, notamment ceux qui tentent de dissimuler leur identité. Les données de la police de Toronto appuient cette préoccupation, montrant une hausse des vols à l’étalage de plus de 5 000 $, passant de 32 en 2020 à 105 en 2024. James Turk, quant à lui, exhorte les employés qui se sentent mal à l’aise ou en danger à signaler leurs préoccupations à leur employeur, aux représentants syndicaux ou au ministère du Travail, affirmant leur droit de refuser de porter un tel dispositif.

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