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Les dépôts qui compliquent l’ancien conservateur de Chillán, impliqué dans le complot biélorusse

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Publié le 24 septembre 2025. Une enquête tentaculaire au Chili éclaire de nouvelles zones d’ombre dans le processus de nomination des hauts magistrats, impliquant notaires, conservateurs immobiliers et des figures politiques de premier plan, dans le cadre d’un vaste réseau de favoritisme.

  • L’enquête, initialement centrée sur d’éventuelles ingérences dans la nomination du ministre de la Cour suprême Jean Pierre Matus, s’étend désormais aux notaires et conservateurs immobiliers.
  • Sergio Yáber, ancien conservateur immobilier impliqué dans le « complot biélorusse », apparaît au cœur d’un réseau de transactions financières suspectes.
  • Des liens sont révélés entre plusieurs acteurs clés et des personnalités politiques influentes, dont le sénateur Loreto Carvajal et l’ancienne juge Angela Vivanco.

L’affaire des « Nominations », comme on l’appelle au Chili, prend une nouvelle tournure avec l’implication croissante de professionnels du droit et de l’immobilier. Initiée suite à des interrogations sur la nomination du ministre de la Cour suprême Jean Pierre Matus, l’enquête menée par la procureure régionale de Valparaiso, Claudia Perivancich, s’intéresse désormais aux notaires et conservateurs immobiliers, soupçonnés de trafic d’influence et de négociation incompatible.

Selon des informations du journal Le Troisième, les notaires Francisco Leiva, Gloria Ortiz, Patricia Manríquez et Patricio Corominas, ainsi que les conservateurs immobiliers Luis Fischer et Carlos Swett, sont actuellement sous le feu des investigations. L’enquête ne se limiterait pas à ces noms, selon des sources proches du parquet.

L’affaire est d’autant plus complexe qu’elle semble liée au « complot biélorusse », une affaire de corruption financière impliquant des fonds provenant de l’étranger. Sergio Yáber, ancien conservateur immobilier de Puente Alto, déjà impliqué dans ce complot, est soupçonné d’avoir facilité la triangulation de fonds vers l’ancienne ministre Vivanco, via les avocats du Consortium Belaz Movitec, Mario Vargas et Eduardo Lagos.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à la fortune de Sergio Yáber, estimée à plus de 5,4 milliards de pesos (environ 6,5 millions d’euros), et aux liens qu’il entretenait avec d’autres autorités. L’embauche de la fille du député Sergio Gahona et de l’épouse de l’ancien président de la Cour d’appel de San Miguel, Luis Sepúlveda, soulève des questions sur d’éventuelles faveurs accordées.

L’ancien conservateur immobilier de Chillán, Yamil Najlé, également accusé de blanchiment d’argent dans une autre affaire, est également sous investigation. L’avocat Eduardo Lagos a affirmé que le sénateur Loreto Carvajal (PPD) aurait reçu 300 millions de pesos (environ 360 000 euros) pour intervenir dans sa nomination.

Des relevés bancaires révèlent que Yamil Najlé a reçu huit virements pour un total de 21 millions de pesos (environ 25 000 euros) du notaire Matías Jorquiere Sotomayor, peu après avoir pris ses fonctions à Cauquenes. Jorquiere a déclaré au journal El Mostrador que ces paiements correspondaient « exclusivement » au loyer d’un immeuble commercial loué à Najlé à Cauquenes.

« J’écarte catégoriquement tout lien avec des actes irréguliers ou illégaux liés à la situation qui vous touche actuellement. »

Matías Jorquiere Sotomayor, notaire

L’avocat de Yamil Najlé a quant à lui affirmé que les dépôts correspondaient aux « fonctions que chacun d’eux exerçait à l’époque et à l’espace physique dans lequel les travaux ont été réalisés », niant toute irrégularité.

Selon une source proche de l’enquête, les locations immobilières pourraient être un moyen de dissimuler des transactions illégales et de favoriser des échanges de faveurs. Cette source fait également référence à un bail conclu entre Sergio Yáber et le sénateur Matías Walker (démocrate) pour un appartement à Coquimbo.

Les relevés bancaires révèlent également des transactions entre Najlé et Gonzalo Migueles, associé d’Angela Vivanco, pour un total de 25 millions de pesos (environ 30 000 euros). L’accusation estime que ces revenus pourraient faire partie d’une stratégie de blanchiment d’argent provenant des 45 millions de dollars (environ 41 millions d’euros) reçus par Migueles des avocats de Belaz Movitec.

Najlé et Yáber auraient reçu une partie de cet argent de Migueles, puis l’auraient restitué au partenaire de l’ancienne ministre Vivanco par le biais de virements bancaires, simulant des paiements de prestations de conseil. L’ancienne juge elle-même aurait même participé à la rédaction d’un faux contrat.

Najlé a reconnu avoir participé à la triangulation de fonds, tandis que Yáber a affirmé que Gonzalo Migueles entretenait des liens étroits avec quatre conservateurs et deux notaires, dont l’actuelle conservatrice immobilière de Talca, Camila Jorquière Monardez, qui a nié tout lien avec le partenaire d’Angela Vivanco.

Camila Jorquière Monardez est également proche du sénateur et futur ministre de l’Énergie, Ximena Rincón, qui la considère publiquement comme sa « filleule » politique. Son ascension rapide dans la hiérarchie judiciaire a été entachée par une accusation de fraude en 2011, qu’elle a niée, affirmant qu’il s’agissait d’une erreur administrative.

Camila Jorquière aurait également tissé des liens avec la secrétaire générale de la présidence Boric, Ana Lya Uriarte, la présidente du PPD, Natalia Piergentilli, et l’ancienne ministre de la Cour suprême, Angela Vivanco.

Les enquêtes se poursuivent, parfois de manière parallèle. Les procureurs régionaux de Valparaíso et d’Aysén se sont refusés à commenter l’affaire, soulignant la nécessité de préserver le secret des investigations.

« Il n’est pas possible de fournir des détails sur la procédure afin d’en garantir le succès, ni sur l’identité des personnes mises en examen. »

Procureur régional d’Aysén

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