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Les différences cérébrales entre les sexes s’accentuent à partir de la puberté

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Publié le 17 février 2024 12:11:00. Une nouvelle étude révèle que les différences dans la connectivité cérébrale entre les hommes et les femmes ne sont pas innées, mais se développent et s’accentuent au fil de la vie, notamment à la puberté. Ces découvertes pourraient éclairer les disparités observées dans la prévalence de certains troubles mentaux.

  • Les différences de connectivité cérébrale entre les sexes sont minimes dans l’enfance, mais augmentent significativement à la puberté et continuent d’évoluer à l’âge adulte.
  • L’étude, basée sur l’analyse de données d’imagerie cérébrale de près de 1 300 personnes, utilise l’intelligence artificielle pour identifier des variations structurelles et fonctionnelles dans le cerveau.
  • Ces résultats pourraient aider à comprendre pourquoi les femmes sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression, tandis que les hommes sont plus souvent diagnostiqués avec des troubles du spectre autistique.

Des chercheurs ont mis en évidence une évolution des différences de connectivité cérébrale entre les hommes et les femmes au cours de la vie. L’étude, menée par une équipe du Weill Cornell Medicine à Ithaca, New York, s’appuie sur l’analyse de données d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) de 1 286 individus, âgés de 8 à 100 ans. Les données analysées ne permettent pas de suivre les mêmes personnes au fil du temps, mais offrent un aperçu de l’évolution de ces différences en fonction de l’âge.

L’équipe a utilisé un outil d’intelligence artificielle, appelé Krakencoder, pour identifier les variations liées au sexe dans les réseaux cérébraux. Cet outil a analysé à la fois les connexions structurelles – les liens physiques entre les différentes régions du cerveau – et les connexions fonctionnelles, qui reflètent l’activité cérébrale synchronisée entre ces régions.

Les résultats ont révélé des différences significatives dans les voies structurelles et fonctionnelles du cerveau. Les différences fonctionnelles concernent principalement les réseaux cérébraux d’ordre supérieur, impliqués dans des fonctions cognitives complexes telles que l’attention, la prise de décision et la conscience. Les différences structurelles, quant à elles, sont plus marquées au milieu de la vie et continuent de diverger avec l’âge, en particulier dans les réseaux d’ordre inférieur, responsables du traitement des informations sensorielles.

L’étude a également montré que les femmes ont tendance à présenter des liens fonctionnels plus forts entre les régions du « réseau en mode par défaut », un ensemble de zones cérébrales actives lorsque l’individu est au repos et engagé dans des processus d’ordre supérieur. Chez les hommes, les connexions fonctionnelles entre les deux hémisphères du cervelet, impliqué dans le contrôle moteur, se renforcent avec l’âge, plus que chez les femmes. De même, les connexions structurelles de chaque côté du cervelet deviennent plus fortes chez les hommes que chez les femmes au fil du temps.

Selon Yumnah Khan, neuroscientifique cognitive à l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, l’une des découvertes les plus intéressantes est la concordance entre la chronologie des différences de connectivité cérébrale et les fluctuations des niveaux d’hormones sexuelles tout au long de la vie. Elle souligne que les différences observées dans le réseau en mode par défaut pourraient être liées à la santé mentale :

« Les femmes présentent généralement une connectivité fonctionnelle plus forte. L’hyperconnectivité dans ce réseau a été associée à la dépression. »

Yumnah Khan, neuroscientifique cognitive à l’Université de Cambridge

Cependant, certains neuroscientifiques interrogés par Nature se montrent prudents quant à l’interprétation de ces différences. Ils soulignent que l’étude ne prend pas en compte l’influence des rôles de genre, qui sont reconnus comme des facteurs importants dans la recherche sur les mécanismes cérébraux liés à la santé et à la maladie. Daphné Joël, neuroscientifique à l’Université de Tel Aviv en Israël, rappelle que le cerveau humain n’est pas divisé en catégories distinctes « féminines » et « masculines », mais plutôt constitué d’une mosaïque de caractéristiques, certaines étant plus fréquentes chez les hommes, d’autres chez les femmes.

« Chaque cerveau humain est une mosaïque de caractéristiques, dont certaines sont plus courantes chez les hommes, d’autres chez les femmes. »

Daphné Joël, neuroscientifique à l’Université de Tel Aviv

Cette recherche, publiée sous forme de prépublication sur bioRxiv1 et non encore soumise à l’évaluation par les pairs, ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les bases biologiques des différences de susceptibilité aux troubles mentaux entre les sexes. Elle pourrait également contribuer à l’élaboration de traitements plus personnalisés et adaptés aux spécificités de chaque individu.

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