Home Santé Les données des dossiers de santé électroniques révèlent des tendances en matière de maladies cardiovasculaires avant et après la COVID-19

Les données des dossiers de santé électroniques révèlent des tendances en matière de maladies cardiovasculaires avant et après la COVID-19

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Publié le 2025-10-28 12:54:00. Une étude d’envergure menée sur 57 millions de patients en Angleterre révèle l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les maladies cardiovasculaires, soulignant une baisse des diagnostics initiaux suivie d’une remontée significative et des disparités persistantes au sein de la population.

  • La pandémie a entraîné une diminution temporaire des diagnostics de maladies cardiovasculaires, les patients les plus gravement atteints étant les seuls à consulter.
  • Des disparités importantes ont été observées selon l’origine ethnique, le niveau de vie et la localisation géographique.
  • Les diagnostics de maladies cardiovasculaires sont retournés à des niveaux pré-pandémiques, voire supérieurs, en 2024, avec une augmentation notable des cas de myocardite et d’insuffisance cardiaque.

Les données anonymisées de dossiers de santé électroniques, analysées dans un environnement sécurisé et accessibles uniquement aux chercheurs habilités, ont permis de dresser un portrait précis de l’évolution des maladies cardiovasculaires en Angleterre entre le 1er janvier 2020 et le 31 mai 2024. Cette recherche, publiée dans *The Lancet Public Health*, a examiné 79 pathologies cardiovasculaires différentes afin de comprendre les répercussions de la crise sanitaire. Les chercheurs ont notamment évalué l’incidence (taux de nouveaux diagnostics), la prévalence (pourcentage de personnes atteintes), le taux de mortalité à 30 jours après un diagnostic, ainsi que le risque d’infarctus et d’AVC entre 30 jours et un an post-diagnostic. L’âge, le sexe, l’origine ethnique, le statut socio-économique, la région et la présence de maladies chroniques ont été pris en compte pour identifier les variations.

Durant le premier confinement de 2020, une baisse du nombre de nouveaux diagnostics de maladies cardiaques a été constatée. Paradoxalement, les personnes diagnostiquées durant cette période présentaient un risque de décès plus élevé, suggérant que seuls les cas les plus sévères étaient pris en charge en raison de la saturation des services de santé. Des divergences notables sont apparues selon l’origine ethnique : les personnes d’origine bangladaise, indienne et pakistanaise étaient plus souvent diagnostiquées pour des maladies coronariennes, tandis que les populations d’origine africaine, caribéenne et autres minorités noires étaient plus sujettes à des complications liées à l’hypertension artérielle. Toutefois, ces diagnostics se sont avérés moins mortels que pour la population blanche britannique.

La situation géographique et le niveau de dénuement ont également joué un rôle. Les taux de mortalité liés aux crises cardiaques et aux AVC étaient plus élevés dans le Nord, les Midlands, certaines parties du Sud et les zones côtières de l’Est de l’Angleterre. En comparant les périodes avant et après la pandémie, l’étude révèle qu’en 2024, le nombre de nouveaux diagnostics cardiovasculaires a dépassé les niveaux pré-pandémiques. L’incidence a grimpé de 26 % (passant de 5 à 6,4 pour 100 000 personnes), la prévalence de 50 % (de 0,03 % à 0,04 %), et le risque de décès à court terme a doublé (passant de 8,5 % à 17 %). Une augmentation de la myocardite, une inflammation du tissu cardiaque, a également été observée, tout comme une hausse de 25 % de la prévalence de l’insuffisance cardiaque (de 0,9 % à 1,2 %).

Les chercheurs attribuent ces augmentations à un effet de « rattrapage » des services de santé post-pandémie. La diminution de la pression sur les systèmes et une meilleure détection des symptômes par les professionnels de santé permettraient désormais un diagnostic plus large. Pour faciliter l’accès à ces données et leur interprétation, un tableau de bord interactif sera bientôt disponible sur le site du BHF Data Science Centre. Les auteurs soulignent que la méthodologie développée pourrait également servir à surveiller les diagnostics cardiovasculaires et à éclairer les futures politiques de santé publique, y compris la préparation à d’autres pandémies, à condition que l’accès aux données agrégées soit maintenu.

« Notre étude décrit le fardeau des maladies cardiovasculaires en Angleterre avec des détails sans précédent. Une recherche de cette ampleur n’est possible à faible coût qu’en exploitant et en reliant les données de santé à l’échelle de la population. En révélant les plus grandes lacunes en matière de diagnostic et de soins cardiovasculaires, nos résultats jettent les bases d’une action pour lutter contre ces inégalités importantes. »

Dr Elias Allara, Auteur principal, Université de Cambridge

Source :

Allara, E., et al. (2025). Burden of cardiovascular disease in England (2020-24): a national cohort using electronic health record data. *The Lancet Public Health*. doi.org/10.1016/S2468-2667(25)00163-X

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