Publié le 17 février 2026 03:02:00. L’ambiance est moins festive que par le passé pour les primes de fin d’année en Chine, reflet d’un ralentissement économique et d’une répartition des bonus de plus en plus inégale. Les discussions publiques sur les primes, autrefois florissantes sur les réseaux sociaux, se sont considérablement raréfiées.
- Les primes de fin d’année pour 2025 sont plus petites, moins fréquentes et inégalement réparties.
- De nombreuses entreprises interdisent désormais à leurs employés de discuter publiquement du montant de leurs primes.
- Selon une étude de Randstad, 26 % des employés interrogés ne recevront aucune prime, et près de la moitié des primes versées équivalent à un ou deux mois de salaire.
Les primes de fin d’année, traditionnellement considérées comme un indicateur de la santé économique chinoise, sont en baisse. Ce phénomène, constaté à l’approche du Nouvel An lunaire, témoigne des difficultés rencontrées par de nombreuses entreprises. Contrairement aux années précédentes, où les réseaux sociaux étaient saturés de publications vantant des primes mirobolantes, le silence est de mise cette année.
Longtemps scrutées par les employés chinois comme un baromètre des perspectives d’entreprise, de la dynamique sectorielle et de l’économie dans son ensemble, les primes de fin d’année sont désormais plus modestes, plus rares et leur distribution est plus inégale. Ce changement s’explique par un ralentissement de la croissance, une réduction des marges bénéficiaires et une incertitude économique accrue.
Cette opacité est nouvelle. De nombreuses entreprises ont même interdit à leurs employés de divulguer publiquement le montant de leurs primes. Cette approche collective, visant au secret, est révélatrice de l’évolution du monde du travail en Chine, en contraste frappant avec les primes généreuses et les cadeaux somptueux offerts pendant la période de forte croissance technologique et immobilière.
Les chiffres confirment cette tendance. Une étude de Randstad, une société mondiale de conseil en ressources humaines, publiée en janvier, révèle que 26 % des personnes interrogées ne percevront aucune prime de fin d’année pour 2025. De plus, près de la moitié des primes versées se limitent à l’équivalent d’un à deux mois de salaire.
« Au-delà d’une poignée d’entreprises rentables, notamment celles spécialisées dans l’intelligence artificielle (IA) à forte croissance et les sociétés Internet, il est peu probable que les primes de fin d’année soient distribuées dans la plupart des autres secteurs, ou qu’elles soient extrêmement limitées. »
Echo Luo, chercheuse d’emploi basée à Guangzhou
Echo Luo ajoute que même au sein des entreprises affichant des perspectives de croissance, « seules quelques unités commerciales envisagent des embauches très limitées, tandis que la grande majorité des départements ont gelé les recrutements ».
Cette situation reflète les défis économiques actuels de la Chine et l’impact sur le pouvoir d’achat de ses employés. L’avenir des primes de fin d’année reste incertain, dépendant de l’évolution de la conjoncture économique et des politiques mises en place par le gouvernement.