Publié le 14 février 2026 à 01h35. Après le renversement de Nicolás Maduro, les États-Unis assouplissent les sanctions économiques contre le Venezuela en autorisant cinq géants pétroliers à reprendre leurs activités et en ouvrant la voie à de nouveaux investissements, dans l’espoir de relancer l’économie du pays.
- Les compagnies pétrolières Chevron, Eni, Repsol, BP et Shell bénéficient de licences générales pour reprendre pleinement leurs opérations au Venezuela.
- De nouveaux contrats d’investissement dans le secteur pétrolier et gazier sont autorisés pour toutes les entreprises intéressées.
- Les revenus générés par ces activités seront versés sur des comptes bancaires ouverts au Qatar, sous la supervision du Trésor américain.
Washington a annoncé ce vendredi l’octroi de deux licences générales qui marquent une étape importante vers la réouverture du secteur pétrolier vénézuélien, soumis à des sanctions américaines depuis 2019. Cette décision intervient après l’éviction, le 3 janvier dernier, du président Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines.
Désormais, « toutes les transactions » des cinq entreprises concernées – l’américain Chevron, l’italien Eni, l’espagnol Repsol, et les britanniques BP et Shell – liées au secteur pétrolier vénézuélien sont autorisées. Parallèlement, des contrats pour de « nouveaux investissements dans le secteur pétrolier et gazier » sont également permis à toutes les entreprises souhaitant s’implanter dans le pays sud-américain.
Depuis décembre dernier, les États-Unis avaient déjà commencé à exercer un contrôle strict sur les exportations de pétrole vénézuélien, notamment en ciblant les navires considérés comme opérant en dehors des circuits officiels, sous peine de sanctions.
Le nouveau gouvernement dirigé par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a rapidement entamé des négociations avec l’administration américaine, et plus particulièrement avec le secrétaire d’État Marco Rubio, qui supervise directement la situation. Le président Donald Trump s’est dit optimiste quant à l’évolution de la situation, affirmant que les relations avec le Venezuela sont « aussi bonnes qu’on pourrait le souhaiter » et que Delcy Rodríguez fait « un excellent travail ». Il a même annoncé son intention de se rendre au Venezuela, sans préciser de date.
Caracas a récemment adopté une nouvelle loi sur les hydrocarbures, visant à lever les obstacles aux investissements étrangers, après des années de litiges concernant des contrats non honorés et des restrictions imposées aux multinationales. Chevron était jusqu’à présent la seule entreprise américaine à exploiter le pétrole vénézuélien, bien que dans des conditions difficiles, grâce à une licence spécifique accordée par les États-Unis pour des contrats avec la compagnie nationale PDVSA.
Ces nouvelles licences s’ajoutent à d’autres autorisations récemment accordées pour l’achat et l’installation d’équipements, la négociation de contrats avec les ports et les aéroports, et d’autres mesures visant à faciliter les investissements dans ce secteur en déclin.
Le Département d’État a souligné que « le Venezuela possède un énorme potentiel économique, mais des années d’instabilité, de corruption et de mauvaise gestion ont freiné sa croissance et sa prospérité. Ces licences générales invitent les entreprises américaines et associées à jouer un rôle constructif en soutenant la reprise économique ». Donald Trump a convoqué les dirigeants du secteur peu après la chute de Maduro, leur présentant une vision optimiste pour les encourager à investir à nouveau dans le pays.
Cependant, certains acteurs du secteur restent prudents. Darren Woods, le patron d’ExxonMobil, a estimé qu’il faudrait plusieurs années avant que les investissements ne deviennent rentables. ExxonMobil ne figure pas sur la liste des cinq compagnies pétrolières autorisées à reprendre leurs activités.
Les licences délivrées par le Département du Trésor imposent certaines conditions : les investissements sont ouverts, les transactions avec PDVSA et ses filiales sont autorisées, mais les entreprises doivent accepter de résoudre leurs éventuels litiges devant les tribunaux américains, et non vénézuéliens.
De plus, tous les revenus générés par ces activités seront versés sur des comptes bancaires ouverts au Qatar, une mesure provisoire selon le secrétaire d’État. Cette disposition vise à éviter que des fonds ne soient bloqués aux États-Unis en raison des litiges en cours entre Caracas et de nombreuses entreprises internationales.
Cette situation a suscité des critiques de la part de l’opposition démocrate, qui a présenté un projet de loi visant à obliger l’administration Trump à contrôler l’utilisation de ces fonds au Venezuela.
Les licences américaines excluent explicitement les transactions avec des personnes ou des entités liées à la Russie, à l’Iran, à la Corée du Nord, à Cuba et à la Chine.
Le Venezuela détient les plus importantes réserves de pétrole au monde. En 2025, sa production devrait atteindre 1,2 million de barils par jour, un chiffre en hausse par rapport aux 300 000 barils extraits en 2020, mais encore loin des 3 millions de barils produits au début du siècle.
mg (afp, efe)