Publié le 2024-01-19 00:00:00. Washington a accordé une licence spéciale à Trinité-et-Tobago pour négocier le développement d’un projet gazier avec le Venezuela, marquant un revirement dans la politique de sanctions américaine. Cette autorisation offre une bouffée d’oxygène au petit État caribéen confronté à une baisse de sa production énergétique.
- Une licence américaine permet à Trinité-et-Tobago de collaborer avec le Venezuela sur le projet de gaz naturel du champ Dragon.
- Cette décision représente un changement majeur dans la relation énergétique entre les Caraïbes et Washington, qui maintient des restrictions sur l’industrie pétrolière vénézuélienne depuis 2019.
- Le projet, co-développé avec Shell, vise à répondre aux besoins croissants de Trinité-et-Tobago et à soutenir son économie.
Malgré les tensions géopolitiques dans la région, le gouvernement américain a donné son feu vert. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain a délivré cette autorisation spéciale, permettant ainsi à Trinité-et-Tobago de s’engager dans des discussions et des développements gaziers avec le Venezuela sans craindre de sanctions. Cette démarche a été officialisée jeudi par le procureur général de Trinité, John Jeremie.
L’accord ouvre concrètement la voie à la multinationale Shell pour collaborer avec Trinité-et-Tobago au développement du champ gazier Dragon, situé dans les eaux vénézuéliennes, à proximité de la frontière maritime entre les deux nations. Cette initiative intervient à un moment critique pour Trinité-et-Tobago, dont la production de gaz a décliné au cours de la dernière décennie. Cette baisse menace la viabilité de ses exportations de produits pétrochimiques et de gaz naturel liquéfié (GNL), piliers de son économie.
Sous parrainage américain
La licence accordée par Washington, d’une validité initiale de six mois, vise à faciliter les pourparlers préliminaires. Cependant, un document ultérieur du Département du Trésor, daté de mercredi, élargit cette autorisation. Elle est désormais structurée en trois phases progressives, s’étendant jusqu’en avril 2026.
La première étape autorise Trinité-et-Tobago et Shell à entamer des négociations avec Petróleos de Venezuela (PDVSA) et le gouvernement de Caracas. Ces pourparlers devront se dérouler sous des conditions strictes et impliquer la participation d’entreprises américaines dans le développement du projet.