Les exportations sud-coréennes de pièces automobiles vers les États-Unis ont connu un recul notable en 2024, marquant un tournant après cinq années de croissance continue. Cette baisse, imputable en partie aux tensions commerciales et à l’évolution des stratégies des constructeurs, pourrait signaler un changement profond dans les relations économiques entre les deux pays.
Selon les données publiées par l’Association coopérative de l’industrie automobile coréenne (KAICA), les exportations de composants automobiles vers les États-Unis ont diminué de 6,7 % l’année dernière, atteignant 7,67 milliards de dollars (environ 7,1 milliards d’euros). C’est la première fois depuis 2020, où une chute de 11,5 % avait été enregistrée, que les exportations annuelles vers ce marché clé affichent un repli.
Jusqu’en 2023, la tendance était à la hausse, avec des volumes passant de 6,912 milliards de dollars en 2021 à 8,030 milliards en 2022, puis à 8,081 milliards en 2023 et enfin 8,220 milliards en 2024. Cette progression s’est heurtée aux mesures tarifaires mises en place par l’administration américaine.
Les droits de douane de 25 % envisagés par l’ancien président Donald Trump sur les importations automobiles ont pesé lourdement sur le secteur automobile sud-coréen. Face à cette menace, des constructeurs tels que Hyundai Motor et Kia ont choisi de renforcer leur approvisionnement local aux États-Unis, réduisant ainsi leur dépendance aux importations de pièces.
En mai 2023, Washington avait instauré des droits de douane de 25 % sur les composants automobiles importés. Un accord ultérieur entre Séoul et Washington a permis de réduire ces tarifs à 15 %, avec effet rétroactif au 1er novembre 2023.
Cependant, l’incertitude demeure. Donald Trump a menacé de rétablir les tarifs « réciproques » et sectoriels sur les automobiles, le bois et les produits pharmaceutiques en provenance de Corée du Sud, les portant de 15 % à 25 %. Cette menace est liée à un retard dans le processus parlementaire d’approbation d’une loi spéciale sur les investissements, destinée à faciliter la mise en œuvre de l’accord commercial bilatéral.
Dans le cadre de cet accord, la Corée du Sud s’est engagée à investir 350 milliards de dollars aux États-Unis en échange de la réduction des droits de douane américains.