Publié le 8 février 2026 15:33:00. L’arrivée de tests de dépistage du cancer du col de l’utérus réalisables à domicile aux États-Unis ne suscite pas l’enthousiasme généralisé : une étude révèle qu’une majorité de femmes préfèrent toujours se rendre chez un professionnel de santé pour cet examen crucial.
- 60,8 % des Américaines interrogées préfèrent le dépistage en clinique plutôt qu’à domicile.
- Les femmes issues de milieux défavorisés et celles qui se méfient du système de santé sont plus susceptibles d’hésiter face au choix de la méthode de dépistage.
- Des organisations comme la Health Resources and Services Administration et l’American Cancer Society soutiennent l’auto-collecte à domicile.
Alors que les États-Unis autorisent désormais le dépistage du cancer du col de l’utérus à domicile grâce à de nouveaux outils d’auto-collecte, une étude menée par le MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas met en lumière une préférence persistante pour les examens en milieu médical. Publiée dans Réseau JAMA ouvert, cette recherche révèle que plus de la moitié des femmes interrogées (60,8 %) continuent de privilégier la consultation d’un professionnel de la santé pour ce dépistage essentiel.
L’étude souligne également des disparités significatives dans les préférences selon les groupes démographiques. Les femmes issues de minorités, notamment les femmes noires, sont moins enclines à opter pour l’auto-échantillonnage à domicile que les femmes blanches. En revanche, celles dont le dépistage est en retard ou qui ont vécu des expériences de discrimination dans le système de santé se montrent plus réceptives à cette option.
« L’auto-prélèvement à domicile a le potentiel d’éliminer de nombreux obstacles auxquels les femmes sont confrontées en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus. En élargissant les options de dépistage et en les associant à une éducation ciblée, nous pouvons permettre à davantage de femmes de participer au dépistage d’une manière qui correspond à leur vie. »
Sanjay Shete, Ph.D., chef de division adjoint de la prévention du cancer et des sciences de la population
Les raisons invoquées pour préférer l’auto-échantillonnage à domicile sont variées : la confidentialité (54,9 %), le manque de temps (35,1 %) et la volonté d’éviter toute gêne (33,4 %). Cependant, près d’un cinquième des femmes interrogées (18,8 %) se déclarent indécises quant à la méthode de dépistage la plus appropriée.
Malgré une augmentation des taux de dépistage du cancer du col de l’utérus au cours des 25 dernières années, la pandémie de COVID-19 a entraîné une diminution de la couverture annuelle du dépistage. Les experts estiment qu’il est crucial de redoubler d’efforts pour atteindre les populations sous-dépistées, et cette étude suggère que proposer des options adaptées à leurs préférences pourrait être une stratégie efficace.
Les chercheurs soulignent la nécessité pour les principales organisations médicales et de santé publique de revoir leurs recommandations afin d’intégrer l’auto-échantillonnage à domicile. Selon Joël Fokom Domgue, co-auteur de l’étude et chercheur principal en épidémiologie, un tel changement de politique pourrait contribuer à réduire les inégalités en matière de dépistage et à améliorer l’accès aux soins pour les populations historiquement mal desservies.
L’étude transversale a été menée à partir des données de l’enquête 2024 sur les tendances nationales de l’information sur la santé (HINTS), une enquête représentative à l’échelle nationale auprès des adultes américains. Elle a inclus 2 300 femmes âgées de 21 à 65 ans éligibles au dépistage du cancer du col de l’utérus selon les directives du US Preventive Services Task Force. Les auteurs précisent que l’étude présente certaines limites, notamment sa nature transversale, le manque de familiarité des participantes avec les nouveaux kits de dépistage à domicile, et le fait que l’outil d’auto-collecte n’était pas encore approuvé par la FDA au moment de l’enquête.
Source:
Référence du journal :
Fokom Domgué, J., et autres. (2026) Préférences des femmes pour l’auto-échantillonnage à domicile ou les tests en clinique pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Réseau JAMA ouvert. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2025.58841. https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2844711