Publié le 23 février 2026 à 10h00. Une nouvelle étude révèle que les femmes souffrent davantage de douleurs chroniques que les hommes en raison de différences biologiques liées au fonctionnement de leur système immunitaire, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.
Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de développer des douleurs chroniques, touchant entre 60 et 70 % des personnes concernées. Une étude publiée dans la revue Science Immunology ce vendredi 21 février 2026, met en lumière un mécanisme biologique qui pourrait expliquer cette disparité, remettant en question l’idée reçue d’une plus grande sensibilité féminine à la douleur.
Jusqu’à présent, la différence observée était souvent attribuée à des facteurs psychologiques ou à une plus grande propension des femmes à exprimer leur douleur. L’étude de l’université d’État du Michigan aux États-Unis démontre que le système immunitaire joue un rôle crucial dans la résolution de la douleur, et que ce mécanisme est moins efficace chez les femmes.
Les chercheurs ont découvert que des cellules immunitaires, appelées monocytes, agissent en libérant une molécule, l’interleukine 10 (IL-10), qui a pour effet de calmer les neurones sensibles à la douleur. Or, cette action est moins prononcée chez les femelles, comme l’a démontré l’étude menée sur des souris.
Selon Geoffroy Laumet, auteur principal de ces travaux,
« Ce n’est pas dans votre tête, et vous n’êtes pas faible. C’est votre système immunitaire. »
Geoffroy Laumet, chercheur à la tête du laboratoire de l’université d’État du Michigan
Il souligne que
« Il existe des raisons biologiques réelles pour lesquelles les femmes souffrent de douleurs prolongées. »
Geoffroy Laumet, chercheur à la tête du laboratoire de l’université d’État du Michigan
L’étude révèle que l’activité de ces monocytes est influencée par les hormones sexuelles, notamment la testostérone, plus présente chez les hommes, qui favorise la production d’IL-10. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment en explorant la possibilité de stimuler les monocytes et d’augmenter la production d’IL-10 pour renforcer la capacité du corps à gérer la douleur.
À court terme, les chercheurs envisagent d’étudier l’efficacité d’une thérapie topique à base de testostérone pour soulager les douleurs localisées.
Elora Midavaine, chercheuse à l’Université de Californie à San Francisco, qui n’a pas participé à l’étude, estime que ces résultats apportent une nuance importante à la compréhension de la relation entre les hormones, le système immunitaire et la douleur chronique. Elle souligne que cette approche s’inscrit dans une tendance plus large visant à explorer les interactions entre les neurosciences, l’immunologie et l’endocrinologie.
Cette recherche pourrait également contribuer à réduire la prescription d’analgésiques opioïdes, dont l’utilisation comporte des risques importants d’effets secondaires et de dépendance.