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les forêts tropicales australiennes libèrent désormais plus de carbone qu’elles n’en absorbent

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Publié le 2025-10-19 05:37:00. Les forêts tropicales humides australiennes, autrefois de grands absorbeurs de CO2, sont devenues émettrices. Ce basculement, provoqué par des températures extrêmes et des sécheresses plus intenses, pourrait annoncer le sort d’autres forêts tropicales dans le monde.

  • Les forêts tropicales humides d’Australie sont passées du statut de puits de carbone à celui de source d’émissions.
  • Ce phénomène est attribué à l’augmentation des températures et à l’intensification des sécheresses, entraînant une mortalité accrue des arbres.
  • Cette évolution est potentiellement un avant-goût de ce que connaîtront les forêts tropicales mondiales à l’avenir.

Pendant des décennies, les forêts tropicales ont joué un rôle crucial dans la régulation du climat en absorbant plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’elles n’en rejetaient. Certaines études avaient même suggéré qu’une concentration accrue de CO2 dans l’atmosphère pourrait stimuler leur croissance, renforçant ainsi leur capacité à stocker du carbone. Cependant, une analyse récente sur plusieurs décennies, portant sur les forêts tropicales humides d’Australie, révèle un renversement de tendance préoccupant.

Les chercheurs de l’Université nationale australienne, de l’Université Western Sydney, de l’Université d’Édimbourg et de l’Institut national de recherche pour le développement durable (IRD) ont étudié l’impact cumulé du stress thermique et hydrique sur ces écosystèmes. Malgré leur superficie relativement modeste (environ 1 million d’hectares), ces forêts, situées dans le Queensland, abritent une biomasse parmi les plus élevées au monde et sont particulièrement sensibles aux sécheresses et aux cyclones tropicaux.

Une transition vers émission nette de carbone depuis le début des années 2000

Pour parvenir à leurs conclusions, publiées dans la revue *Nature*, les scientifiques ont analysé les données de près de 11 000 arbres répartis sur 20 sites. Ils ont observé une augmentation significative de la mortalité des arbres, directement liée aux vagues de chaleur et aux épisodes de sécheresse. En conséquence, la biomasse aérienne des forêts – c’est-à-dire les branches et les feuilles – est devenue une source nette de carbone à partir de l’an 2000.

Les données indiquent qu’entre 2010 et 2019, les forêts étudiées ont perdu environ 0,9 tonne de carbone par hectare et par an. Cette transition s’est opérée il y a environ 25 ans ; avant l’an 2000, ces forêts étaient encore des puits de carbone efficaces, absorbant davantage de CO2 qu’elles n’en émettaient. Leur capacité maximale d’absorption du carbone avait été atteinte entre 1970 et 1980, grâce à une croissance rapide de la biomasse.

« Nous savons que les tropiques humides d’Australie occupent une zone climatique légèrement plus chaude et plus sèche que les forêts tropicales d’autres continents. Par conséquent, ils pourraient servir d’analogue futur à ce que connaîtront les forêts tropicales dans d’autres régions du monde. »

Hannah Carle, autrice principale de l’étude à l’Université Western Sydney

Cette étude met également en doute l’hypothèse d’une croissance accrue de la biomasse stimulée par l’augmentation du CO2 atmosphérique. Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve claire de cet effet, suggérant que la capacité future des forêts tropicales à absorber le CO2 pourrait être surestimée.

L’une des implications majeures de cette découverte est que les modèles climatiques actuels pourraient sous-estimer la vitesse du réchauffement futur. Ces modèles s’appuient en grande partie sur l’hypothèse d’une absorption stable du carbone par les forêts. Si ces dernières deviennent des émettrices nettes, l’accélération du changement climatique pourrait être plus rapide que prévu.

« Notre constatation selon laquelle le changement climatique provoque le passage du rôle de puits de carbone à celui de source dans ces forêts souligne l’urgence d’agir pour réduire les émissions, afin de permettre à ces écosystèmes irremplaçables de continuer à ralentir le réchauffement climatique. »

David Bauma, de l’IRD, coauteur de l’étude

Les tempêtes et les cyclones tropicaux, dont la fréquence et l’intensité sont appelées à augmenter avec le réchauffement climatique, contribuent également à ce déséquilibre en détruisant de vastes surfaces forestières. Il devient donc impératif de mieux comprendre la sensibilité et la résilience des forêts tropicales face à un climat en mutation rapide.

Vue à travers la forêt tropicale relique d’Australie : des arbres individuels sont peints avec des numéros d’identification et des arbres morts gisent au sol. © Andrew Ford

L’étude souligne l’urgence d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de préserver ces écosystèmes essentiels qui contribuent à ralentir le réchauffement climatique.

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