Publié le 13 février 2026 à 19h50. Une équipe de chercheurs américains a mis en lumière un mécanisme inattendu par lequel la grippe peut endommager le cœur, révélant un rôle surprenant joué par certaines cellules immunitaires.
- Plus de 85 % des personnes décédées de la grippe dans une étude récente souffraient déjà de problèmes cardiovasculaires.
- Des cellules immunitaires, les cellules dendritiques de type 3, agissent comme un « cheval de Troie » en transportant l’inflammation directement au cœur.
- Des tests en laboratoire suggèrent qu’un nouveau traitement à base d’ARN modifié pourrait réduire les lésions cardiaques liées à la grippe.
La saison grippale est souvent associée à une augmentation des crises cardiaques, un lien qui restait jusqu’à présent difficile à expliquer. Des chercheurs de l’école de médecine Icahn de l’hôpital Mount Sinai de New York ont désormais identifié un processus biologique précis qui pourrait expliquer ce phénomène inquiétant.
L’étude, publiée dans la revue spécialisée Immunité, s’est basée sur l’analyse des rapports d’autopsie de 35 personnes décédées de la grippe. Les résultats ont révélé qu’une très large majorité (plus de 85 %) présentait au moins une maladie cardiovasculaire préexistante, comme l’hypertension artérielle. Beaucoup souffraient également d’athérosclérose (durcissement des artères) et de fibrose cardiaque (cicatrices du tissu cardiaque).
« Cela indique clairement que le risque de décès dû à la grippe est directement lié à la santé cardiovasculaire », explique Filip K. Swirski, l’un des auteurs de l’étude. Mais l’élément le plus surprenant de la recherche réside dans la découverte du rôle joué par les cellules dendritiques de type 3.
Ces cellules immunitaires, présentes dans les poumons lors d’une infection grippale, se retrouvent capables de migrer vers le cœur. Une fois arrivées à destination, elles libèrent de grandes quantités d’interféron de type 1 (IFN-1), une protéine inflammatoire. Or, au lieu de combattre le virus, cette inflammation excessive endommage les cellules du muscle cardiaque et perturbe son fonctionnement.
« Nous avons découvert que la cellule dendritique de type 3 agit comme un cheval de Troie du système immunitaire lors d’une infection grippale »,
Jeffrey Downey, auteur principal de l’étude
Les chercheurs ont également exploré une piste thérapeutique prometteuse. En injectant un nouvel agent à base d’ARN modifié à des souris infectées par la grippe, ils ont pu réduire l’étendue des lésions cardiaques et améliorer la fonction cardiaque. Ces résultats, bien que préliminaires, ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement.
« Ces découvertes sont très prometteuses pour le développement de nouvelles thérapies, qui sont urgemment nécessaires car il n’existe actuellement aucune option clinique viable pour prévenir les lésions cardiaques », souligne Swirski. L’équipe de recherche travaille désormais à affiner cet agent thérapeutique et à mieux comprendre le rôle précis des cellules dendritiques de type 3 dans le processus inflammatoire.