Les infections sexuellement transmissibles (IST) continuent leur progression alarmante en Espagne. Un nouveau rapport de l’Institut de Santé Carlos III révèle une augmentation soutenue des cas, confirmant une tendance préoccupante observée ces dernières années, particulièrement chez les jeunes hommes.
L’Espagne fait face à une recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST). Les données publiées par l’Institut de Santé Carlos III (ISCIII), via son Centre National d’Épidémiologie (CNE), en collaboration avec le Ministère de la Santé, dressent un constat sans appel : les taux d’incidence des IST sont en hausse constante. Cette évolution, déjà anticipée lors d’une récente conférence ministérielle, confirme la nécessité d’une vigilance accrue et de stratégies de prévention renforcées.
Le rapport met en lumière plusieurs constats majeurs. Premièrement, les hommes sont plus touchés que les femmes par ces infections. Deuxièmement, les jeunes de moins de 25 ans représentent une population particulièrement vulnérable, notamment face à la gonorrhée et à la chlamydia. Ces deux pathologies, parmi les plus fréquentes, affichent des chiffres en nette augmentation.
Les IST regroupent un ensemble de maladies infectieuses dont la transmission s’effectue principalement par contact sexuel. Elles sont causées par une diversité de micro-organismes, qu’il s’agisse de virus, de bactéries, de protozoaires ou d’ectoparasites. La syphilis, la chlamydiose, la gonorrhée, le VIH, le papillomavirus humain (VPH), l’herpès génital, la trichomonase, la pédiculose pubienne ou encore la gale font partie des IST les plus connues.
Chiffres en hausse pour les IST majeures
L’analyse détaillée des données de l’année écoulée révèle des augmentations significatives pour plusieurs IST. Pas moins de 41 918 cas de chlamydia ont été diagnostiqués, soit une hausse de 10,2 % par rapport à 2023. L’infection gonococcique affiche 37 257 cas, en progression de 7,2 %. La syphilis concerne 11 930 personnes, marquant une augmentation de 6,7 %. Enfin, le lymphogranulome vénérien a été diagnostiqué chez 1 996 individus, soit une hausse de 10,2 %.
Sur une période plus longue, la tendance à la hausse se confirme. Le taux de croissance annuel pour la gonorrhée s’élève à 28,9 % entre 2020 et 2024. La syphilis a connu une augmentation annuelle de près de 20 % entre 2021 et 2024. La chlamydia affiche également une progression annuelle avoisinant les 20 % entre 2016 et 2024.
Les auteurs du rapport soulignent une limite potentielle dans la comparaison des taux d’incidence entre les différentes communautés autonomes : les variations dans les systèmes de surveillance propres à chaque région. Bien qu’en 2024 toutes les autonomies disposent d’une déclaration individualisée pour les infections gonococciques, la syphilis (y compris congénitale) et la chlamydia, des améliorations sont encore possibles dans la saisie de certaines variables, notamment celles relatives aux modes de transmission.
Les informations issues de ces systèmes de surveillance épidémiologique sont cruciales pour éclairer les actions menées dans le cadre du Plan national de prévention et de contrôle du VIH et des IST 2021-2030. Ce plan ambitieux vise à éradiquer ces infections en tant que problème de santé publique d’ici 2030.
La stratégie repose sur une approche globale : prévention, diagnostic précoce, traitement rapide, suivi des cas chroniques et amélioration de la qualité de vie des personnes affectées. Un accent particulier est mis sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, afin de garantir une réponse plus inclusive et efficace face au VIH et aux IST.