Home Accueil Les limeurs de cadres de bicyclettes du département de la Loire ont-ils vraiment le droit à un abattement fiscal ?

Les limeurs de cadres de bicyclettes du département de la Loire ont-ils vraiment le droit à un abattement fiscal ?

0 comments 71 views

Ces niches fiscales « anciennes » qui refont surface dans le débat public

Alors que le gouvernement s’apprête à tailler dans le vif des allégements fiscaux dans le cadre du projet de loi de finances 2026, certaines niches fiscales, jugées obsolètes, suscitent l’indignation sur les réseaux sociaux. Des internautes s’emparent d’une liste ancienne pour pointer du doigt des dispositifs qui semblent relever de l’anachronisme.

Sur le réseau social X, un utilisateur, sous le pseudonyme « Boumboumfr », a mis en lumière, le 26 octobre dernier, une liste de déductions fiscales destinées à des professions pour le moins surprenantes. Une capture d’écran d’un site officiel, boss.gouv.fr, dévoile des abattements ciblant notamment les « limeurs de cadres de bicyclettes du département de la Loire », qui auraient bénéficié d’une réduction de 20 % sur leurs revenus professionnels.

Cette découverte a suscité une vive réaction de la part de « Boumboumfr », qui s’est exclamé : « On nage en plein délire ». D’autres professions, elles aussi issues d’une liste d’abattements remontant au début des années 2000, sont également épinglées, comme les ouvriers en « bonneterie » de la région de Ganges (Hérault) ou encore ceux « des départements de l’Aube et de la Loire ». L’internaute « Vincent Flibustier », qui a initié cette discussion, s’est quant à lui attaqué aux niches relatives aux « ouvriers scaphandriers » et aux « représentants en publicité ». Ce dernier, se définissant comme « formateur et enseignant en citoyenneté numérique », a partagé le lien du site web répertoriant ces dispositifs, invitant ses abonnés à « aller voir la liste ».

Des dispositifs hérités du passé, mais toujours officiellement référencés

Il est avéré que ces professions et les déductions fiscales associées figurent bien sur le site boss.gouv.fr, dans l’article 5 de l’annexe IV du Code général des impôts, dans sa version du 31 décembre 2000. Cette liste compile les « professions bénéficiaires de la déduction forfaitaire spécifique ».

Cependant, il est important de noter que cette liste est « assez variée et ancienne », comme le précise l’Urssaf, organisme gestionnaire du site. Cela ne signifie pas nécessairement que ces métiers existent toujours ou que les déductions correspondantes sont encore appliquées. « Pour rappel, la DFS (déduction forfaitaire spécifique) est héritière d’exemptions qui remontent aux années 1930 », rappelle l’Urssaf. Pour les « limeurs de cadres de bicyclettes de la Loire », le dernier texte de loi les concernant explicitement n’est plus en vigueur depuis le 31 mars 2002.

Une extinction progressive programmée

Le dispositif de déduction forfaitaire spécifique est officiellement « en phase d’extinction ». Un arrêté du 4 septembre dernier, intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, prévoit la suppression progressive de ce dispositif d’ici le 1er janvier 2039. Ces évolutions législatives n’ont pas encore été toutes intégrées sur le site boss.gouv.fr, mais une mise à jour est prévue prochainement, selon l’Urssaf. Ces informations légales qui n’ont pas encore été intégrées sur le site boss.gouv.fr. « Il sera prochainement mis à jour pour intégrer les évolutions issues de » cet arrêté, nous précise l’Urssaf.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.