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Les maladies cardiaques artérielles sont différentes chez les femmes

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Maladies cardiaques chez les femmes : un diagnostic erroné aux conséquences potentiellement mortelles

Malgré des décennies de recherche soulignant les spécificités des maladies artérielles cardiaques chez les femmes, le corps médical américain peine encore à adapter ses pratiques diagnostiques et thérapeutiques. Cette inadéquation coûte cher, tant en vies humaines qu’en ressources financières, car les femmes continuent d’être sous-traitées, voire mal diagnostiquées.

La présentation des symptômes de maladies cardiaques chez les femmes diffère significativement de celle observée chez les hommes. Or, les protocoles médicaux actuels, souvent obsolètes, se concentrent encore sur la détection de blocages artériels localisés, typiques des manifestations masculines. Lorsqu’une femme se présente aux urgences avec des douleurs thoraciques, les tests classiques comme l’épreuve d’effort ou le cathétérisme cardiaque peuvent s’avérer normaux, conduisant à un diagnostic erroné. Trop souvent, les patientes se voient dire que leurs symptômes ne sont pas d’origine cardiaque, mais relèvent plutôt de problèmes œsophagiens, de dépression, ou se voient prescrire des traitements anxiolytiques ou antidépresseurs – une conclusion « trop souvent complètement fausse », souligne le Dr William H. Besterman, Jr., cardiologue préventif.

Une réalité clinique ignorée

L’étude WISE (Women’s Ischemia Syndrome Evaluation), financée par le National Institute of Health (NIH) américain, a pourtant mis en lumière, il y a plusieurs années déjà, la nature distincte des maladies coronariennes chez les femmes. Contrairement aux hommes chez qui la maladie se manifeste souvent par des obstructions artérielles localisées provoquant des douleurs à l’effort, les femmes développent fréquemment des dépôts de cholestérol répartis sur l’ensemble du système artériel. Ces dépôts, moins localisés, peuvent néanmoins se rompre et entraîner la formation de caillots, cause principale des crises cardiaques.

De plus, chez les femmes, ces dépôts peuvent s’étendre vers l’extérieur de la paroi artérielle, atteignant une taille importante avant de causer un blocage manifeste. L’étude WISE a révélé que ces dépôts, qualifiés de « mous, enflammés et dangereux », exposent les femmes à un risque élevé de crise cardiaque et de mort subite, même lorsque les cathétérismes cardiaques montrent des artères apparemment dégagées. Le Dr Besterman insiste sur le fait que ces patientes nécessitent une prise en charge médicale optimale axée sur la gestion du risque vasculaire.

Un traitement optimal, une question de survie

Ce traitement optimal, scientifiquement prouvé comme efficace pour stabiliser les dépôts, soulager les symptômes et prévenir les crises cardiaques, inclut des mesures telles que l’aspirine, le contrôle de la tension artérielle et du cholestérol, ainsi que l’arrêt du tabac. Pour les patientes diabétiques ou prédiabétiques, la metformine est également recommandée. Des médicaments comme les bêta-bloquants, la nitroglycérine et la ranolazine (Ranexa) peuvent également apporter un soulagement significatif, avec, dans 70 % des cas, une disparition complète des douleurs thoraciques en un an.

L’impact de ce diagnostic erroné est dévastateur. Un an après un cathétérisme cardiaque normal, seule une faible proportion de ces femmes (environ 10 %) bénéficient d’un traitement approprié pour leur hypertension ou leur cholestérol. Elles continuent de souffrir inutilement, sont sujettes aux crises cardiaques, et engagent des coûts considérables pour le système de santé à travers des consultations aux urgences répétées, des hospitalisations et des recherches d’avis médicaux multiples. Le coût à vie des soins pour une femme souffrant de douleurs thoraciques chroniques mais sans artère obstructive peut approcher les 800 000 $.

Agir pour la prévention

L’âge demeure le facteur de risque cardiaque le plus puissant. Les femmes de 69 ans et plus devraient ainsi considérer une prise de statines, indépendamment de leur taux de cholestérol ou d’autres facteurs de risque. Un outil de calcul de risque de crise cardiaque mentionné dans l’article indique qu’un risque supérieur à 7,5 % justifie une prise en charge médicale optimale. Près de la moitié des décès liés aux maladies artérielles cardiaques surviennent soudainement et sans avertissement, ne laissant aucune autre chance de protection à ces femmes.

Le Dr Besterman appelle à une prise de conscience et à une action plus résolues pour répondre aux besoins spécifiques des femmes atteintes de maladies artérielles cardiaques. « Il est temps de protéger nos mères, nos épouses et nos voisines », conclut-il.

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