Publié le 2023-10-02 23:54:00. Des manifestations pro-palestiniennes ont dégénéré en heurts violents avec la police devant Downing Street à Londres, quelques heures après une attaque terroriste dans une synagogue de Manchester. Ces événements surviennent alors que des militants répondaient à un appel à protester, notamment contre l’arrestation de Greta Thunberg lors d’une flottille à destination de Gaza.
- Des milliers de manifestants pro-palestiniens sont descendus dans les rues de plusieurs villes britanniques, notamment Londres et Manchester.
- Des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre à Londres, tandis que des slogans virulents ont été entendus à Leeds.
- Certains militants ont justifié leur mobilisation malgré l’attaque de Manchester, arguant que leur lutte est distincte de la violence terroriste et que la communauté juive n’est pas leur cible, mais le sionisme.
La soirée a été marquée par des tensions vives à Londres, où des fourgons de police ont été déployés en nombre face aux portes de Downing Street. Des vidéos ont capturé des échauffourées entre des dizaines d’agents et des manifestants. Parallèlement, des slogans tels que « Mort à l’IDF » ont été rapportés lors d’une manifestation à Leeds. Ces rassemblements faisaient suite à un appel lancé sur les réseaux sociaux pour une mobilisation coordonnée dans 19 lieux à travers le Royaume-Uni, incluant des gares principales et le Parlement.
Ces événements surviennent dans la foulée d’une attaque terroriste survenue le matin même à Manchester, où deux fidèles ont été tués et trois autres blessés lors d’une agression à la voiture et au couteau perpétrée contre la synagogue de la Congrégation Hébraïque de Heaton Park. L’attaquant, identifié comme Jihad al-Shamie, a été abattu par la police peu après l’assaut, qui a eu lieu durant Yom Kippour, le jour le plus saint du calendrier juif.
Malgré la gravité de l’attaque de Manchester, certains militants pro-palestiniens ont maintenu leur mobilisation. Fiona Smith, 42 ans, participant à la manifestation à Westminster, a déclaré que l’incident de Manchester ne devait pas occulter la situation de la flottille impliquant Greta Thunberg, détenue avec d’autres militants au large des côtes israéliennes pour avoir tenté de naviguer vers Gaza. « Le fait qu’ils aient été attaqués ne signifie pas que nous n’avons pas été attaqués », a affirmé Sibilla Todaro, 39 ans, une autre militante présente, ajoutant que leur lutte durait depuis des années et que leur présence ne signifiait pas un manque de respect pour les victimes de l’attaque de Manchester, qu’elle a qualifiée d’incident tragique. Elle a précisé que leur contestation visait le sionisme et non la communauté juive, soulignant la présence de nombreux juifs parmi les manifestants. Elle a par ailleurs dénoncé l’absence de réaction internationale face à Israël, qu’elle attribue au soutien américain.
Un touriste new-yorkais, Justin Alintoff, 26 ans, témoin de la scène à Londres, a exprimé sa tristesse face à la situation, mais sans surprise. Il a regretté le « mais » souvent utilisé par les manifestants lorsqu’ils évoquent l’attaque terroriste, estimant qu’aucun « mais » ne devrait suivre une attaque terroriste. Il a ajouté que cette situation rappelait l’histoire d’oppression du peuple juif et qu’il avait entendu des personnes inquiètes et se sentant menacées à Londres.
À Manchester, des échauffourées ont également éclaté lors d’une marche pro-palestinienne dans le centre-ville, près de la gare de Manchester Piccadilly. La police des transports britannique (BTP) avait initialement indiqué qu’elle autoriserait les manifestations pacifiques, tout en prévenant qu’elle interviendrait en cas de tentative d’accès à la gare. Une femme, ayant perdu son chapeau dans une bousculade, a exprimé son mécontentement quant à la tenue de l’événement le jour même de l’attaque. Nick Voss, 49 ans, a qualifié la manifestation d’irrespectueuse et a affirmé qu’elle aurait dû être annulée par respect pour les victimes. Il a ajouté que, selon lui, les manifestants soutenaient le terrorisme, des propos qu’il a qualifiés de dégoûtants, avant de réaffirmer son intention de se manifester chaque semaine contre ces rassemblements.
Concernant les perturbations ferroviaires envisagées, le constable adjoint Sean O’Callaghan de la BTP a lancé un avertissement solennel aux manifestants, soulignant les dangers extrêmes des voies ferrées et rappelant que l’intrusion constitue une infraction pénale passible d’arrestation et de prison.
Alex Hearn, codirecteur de « Labour Against Antisemitism », a dénoncé ces marches, les qualifiant de racistes et antijuives. Il a jugé inacceptable qu’une telle manifestation ait lieu à Manchester peu après une attaque meurtrière contre la communauté juive, y voyant une forme de soutien indirect à un groupe terroriste. Il a conclu que ces rassemblements devaient être stoppés pour maintenir l’ordre public.