Home Santé « Les médicaments contre l’obésité ne sont pas la solution finale, ils sont le début de la solution »

« Les médicaments contre l’obésité ne sont pas la solution finale, ils sont le début de la solution »

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Publié le 8 février 2026. Les récentes avancées pharmaceutiques dans le traitement de l’obésité ne représentent qu’une première étape, soulignent les experts, qui insistent sur la nécessité d’une approche globale et personnalisée pour une prise en charge durable de cette maladie chronique.

  • Les médicaments contre l’obésité, comme ceux basés sur le GLP-1, doivent être intégrés dans une stratégie thérapeutique plus large incluant nutrition personnalisée et activité physique adaptée.
  • La recherche se concentre désormais sur la compréhension des mécanismes de reprise de poids et le développement de thérapies permettant un maintien durable de la perte de poids.
  • L’avenir du traitement de l’obésité réside dans la médecine de précision, avec une adaptation des thérapies au profil biologique de chaque patient.

L’année écoulée a été marquée par des innovations pharmacologiques prometteuses dans la lutte contre l’obésité, mais ces avancées ne constituent pas une solution miracle, selon le Dr Cristóbal Morales, chef de l’unité de santé métabolique, diabète et obésité de l’hôpital Vithas Sevilla et membre de la Société espagnole pour l’étude de l’obésité (SEEDO).

« Ce n’est pas la solution finale, c’est le début de la solution. »

Dr Cristóbal Morales, chef de l’unité de santé métabolique, diabète et obésité de l’hôpital Vithas Sevilla

Les experts recommandent une approche globale du traitement, combinant les thérapies pharmacologiques avec une personnalisation nutritionnelle et des exercices adaptés. Il est essentiel de prendre en compte les considérations nutritionnelles (personnalisation, approche collaborative, risque de malnutrition, accompagnement spécialisé) ainsi que l’activité physique (prescription individualisée et adaptée, objectif aérobie – 150 minutes par semaine d’activité aérobie d’intensité modérée à vigoureuse sont recommandées –, musculation, approche progressive). Des recommandations spécifiques doivent également être suivies avant de commencer ces traitements, ainsi qu’en phase de perte de poids et de maintien.

La recherche actuelle vise à comprendre pourquoi certains patients reprennent du poids après une perte initiale et à développer des thérapies permettant de maintenir les résultats à long terme. Selon le Dr Ana Belén Crujeiras, directrice du groupe d’épigénomique en endocrinologie et nutrition et co-coordinatrice de l’unité d’épigénomique de l’Institut de recherche en santé de Santiago (IDIS), la recherche internationale se concentre sur l’identification des facteurs qui influencent la reprise de poids.

« La recherche internationale est axée sur la compréhension de pourquoi certains patients reprennent du poids et d’autres pas, et dans l’élaboration de stratégies permettant une perte de poids durable. »

Dr Ana Belén Crujeiras, directrice du groupe d’épigénomique en endocrinologie et nutrition

La prise de poids observée après l’arrêt des médicaments, des traitements nutritionnels ou même de la chirurgie bariatrique représente l’un des principaux obstacles au contrôle à long terme de l’obésité. L’avenir du traitement de l’obésité réside dans la personnalisation des thérapies et dans l’action sur la biologie de la maladie, en adaptant le traitement au profil biologique de chaque patient. Les chercheurs explorent notamment les biomarqueurs prédictifs, les thérapies épigénétiques, les interventions multi-omiques et la reprogrammation métabolique.

L’objectif ultime n’est plus seulement de perdre du poids, mais de le maintenir sans lutter contre le corps. La reprogrammation métabolique et les thérapies épigénétiques pourraient constituer la prochaine grande révolution thérapeutique dans ce domaine.

La recherche combine génomique, épigénomique, transcriptomique, métabolomique, microbiome, phénotypage métabolique et exposome pour créer des empreintes métaboliques individuelles, essentielles à la médecine de précision dans le traitement de l’obésité.

En Espagne, 19 % de la population adulte est obèse et 37 % est en surpoids. La situation est préoccupante chez les enfants, avec 40,6 % présentant un excès de poids, plaçant l’Espagne en tête de liste en Europe. L’obésité est à l’origine de plus de 250 maladies (diabète, cancer, maladies cardiovasculaires) et engendre un surcoût médical direct de 1,950 milliard d’euros par an.

La Dre Andreea Ciudin, du Service d’Endocrinologie et Nutrition de l’Hôpital Vall d’Hebron (Barcelone), rappelle que l’obésité est une maladie chronique et multifactorielle, qui ne dépend pas uniquement de la volonté individuelle.

« No todas las obesidades son prevenibles. No podemos prevenir que se desarrolle esta enfermedad. Algunas sí, porque sabemos que la obesidad es un desequilibrio entre la regulación del apetito y el metabolismo, y todo lo decide el cerebro en base a diversos inputs que recibe la mayoría biológicos de nuestros propios tejidos, como el intestino, el páncreas, el tejido adrenal, tiene una base genética. »

Dre Andreea Ciudin, Service d’Endocrinologie et Nutrition Hôpital Vall d’Hebron (Barcelone)

Il est donc essentiel de ne pas se concentrer uniquement sur la prévention primaire (éviter l’apparition de nouveaux cas), mais également sur la prévention secondaire (éviter les complications de la maladie) et sur le traitement adéquat des patients qui en souffrent déjà. La prévention est essentielle, mais elle doit tenir compte des multiples facteurs impliqués dans les différents types d’obésité : biologiques, génétiques, psychologiques et environnementaux.

Selon les experts, 2026 sera une année clé pour mieux comprendre la biologie de la reprise de poids et pour développer des stratégies permettant de maintenir le poids perdu à long terme.

Les nouvelles approches thérapeutiques visent à modifier l’activité des gènes impliqués dans le stockage des graisses (reprogrammation épigénétique), à réduire l’inflammation chronique du tissu adipeux, à rééquilibrer la communication intestin-cerveau et à éviter que le corps n’active des mécanismes de défense après une perte de poids.

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