Publié le 17 février 2026 19:21:00. Une étude internationale révèle que les musiciens, quel que soit leur genre, présentent un risque significativement plus élevé de troubles auditifs tels que les acouphènes, la perte auditive et l’hyperacousie par rapport à la population générale.
- Près de la moitié des musiciens (42,6 %) souffrent d’acouphènes, contre 13,2 % dans la population témoin.
- Plus d’un quart des musiciens (25,7 %) présentent une perte auditive, comparé à 11,6 % chez les non-musiciens.
- L’hyperacousie, une sensibilité accrue aux sons, touche 37,3 % des musiciens, contre 15,3 % des personnes n’étant pas musiciennes.
Les musiciens sont particulièrement vulnérables aux problèmes d’audition, une réalité souvent sous-estimée. Une nouvelle revue systématique et méta-analyse, publiée dans la revue Otolaryngologie – Chirurgie de la tête et du cou, le journal officiel de l’Académie américaine d’oto-rhino-laryngologie – Chirurgie de la tête et du cou (AAO-HNSF), confirme cette tendance alarmante. L’étude, qui a analysé les données de 67 études impliquant plus de 28 000 musiciens issus de 21 pays, met en lumière l’ampleur du problème.
Les chercheurs ont constaté que les acouphènes, ces bourdonnements d’oreilles souvent perçus comme gênants, affectent plus d’un musicien sur deux. La perte auditive, quant à elle, est diagnostiquée chez près d’un quart d’entre eux. L’hyperacousie, caractérisée par une sensibilité exacerbée aux sons du quotidien, est également beaucoup plus fréquente chez les musiciens.
« De nombreux musiciens vivent avec des bourdonnements d’oreilles, une sensibilité sonore ou une perte auditive, qu’ils jouent dans une salle symphonique ou dans un petit club. Pourtant, les recherches dont nous disposons sont encore imparfaites, souvent basées sur des symptômes auto-déclarés et des détails manquants sur des choses comme d’autres passe-temps bruyants, des instruments spécifiques et la fréquence à laquelle les gens utilisent une protection auditive. Ce dont nous avons vraiment besoin maintenant, c’est d’un profil de risque plus personnel, défini par le musicien, afin que nous puissions offrir des conseils pratiques et personnalisés qui aident les artistes à protéger leur audition sans sacrifier la musique qu’ils aiment. »
Shaun A. Nguyen, MD, professeur, Département d’oto-rhino-laryngologie – Chirurgie de la tête et du cou, Université médicale de Caroline du Sud
L’étude précise que, parmi les musiciens souffrant d’acouphènes, la majorité (76,3 %) décrit des symptômes occasionnels, tandis que 15,6 % rapportent des acouphènes permanents. Concernant la perte auditive, environ 63 % des cas sont basés sur une auto-évaluation subjective, seulement 37 % étant confirmés par des tests audiométriques objectifs. Cela suggère que la prévalence réelle des troubles auditifs chez les musiciens pourrait être encore plus élevée que celle actuellement estimée.
Contrairement à certaines hypothèses, l’étude n’a pas révélé de différence significative dans la prévalence de la perte auditive, de l’hyperacousie ou des acouphènes entre les musiciens classiques et ceux évoluant dans les genres pop ou rock. Les auteurs soulignent que des facteurs individuels, tels que le type d’instrument joué, la position au sein d’un ensemble, l’acoustique des lieux de répétition ou de concert, et surtout, l’utilisation (ou le manque d’utilisation) de protections auditives, pourraient jouer un rôle plus déterminant que le genre musical lui-même. La perte auditive est donc un risque transversal à tous les styles musicaux.
Source:
Référence du journal :
McCray, LR, et al. (2026), Auditory symptoms in musicians: a systematic review and meta-analysis. Otolaryngology–Head and Neck Surgery. DOI : 10.1002/ohn.70094. https://aao-hnsfjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ohn.70094