Publié le 26 février 2026 00:26:00. Une étude récente révèle que les patients épileptiques présentent des anomalies dans l’activité de certaines zones du tronc cérébral, impliquées dans la régulation de la respiration, ce qui pourrait expliquer le risque accru d’apnées et de décès subits.
- Des chercheurs ont observé une activation réduite du tronc cérébral chez les patients épileptiques lors de tests d’apnée inspiratoire et expiratoire.
- Cette diminution de l’activité cérébrale est particulièrement marquée chez environ 35 % des patients épileptiques étudiés.
- Les résultats suggèrent que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pourrait servir de biomarqueur pour identifier les patients à risque de mort subite inattendue due à l’épilepsie (SUDEP).
La survenue d’une première crise d’épilepsie est un motif de consultation fréquent, touchant environ 8 à 10 % de la population, soit 1 à 2 % des passages aux urgences, dont 25 % concernent une première crise. Les patients épileptiques sont souvent sujets à des apnées péricritiques, des interruptions de la respiration autour des crises, qui peuvent potentiellement conduire à une mort subite et inattendue. Jusqu’à présent, la réponse à l’apnée volontaire dans les régions respiratoires du tronc cérébral n’avait pas été clairement définie.
Pour mieux comprendre ces mécanismes, une équipe de l’Hôpital universitaire de Lausanne en Suisse, dirigée par Caroline Kissas et ses collègues, a évalué l’activité des régions respiratoires du tronc cérébral chez 21 témoins sains et 31 patients épileptiques. Les participants ont subi une IRMf pendant qu’ils effectuaient des exercices d’apnée inspiratoire et expiratoire volontaire. Les chercheurs ont également mesuré la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire et les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) et d’oxygène (O2).
L’analyse des données a révélé que l’activation du tronc cérébral était significativement réduite chez les patients épileptiques par rapport aux témoins sains, tant pendant l’apnée inspiratoire (Cohen d = 1,31 ; IC à 95 % 0,70–1,92 ; P = 0,006) que pendant l’apnée expiratoire (Cohen d = 1,43 ; IC à 95 % 0,81–2,05 ; P = 0,005). Plus précisément, une activation réduite a été observée dans le noyau médian du raphé (pendant l’apnée inspiratoire) et le noyau cunéiforme (pendant l’apnée expiratoire). De plus, 35 % des patients épileptiques ont présenté une réduction notable de l’activation du tronc cérébral, contre aucun témoin sain.
Selon l’équipe de recherche, ces résultats suggèrent que « une proportion importante de [patients épileptiques] semblent souffrir d’un dysfonctionnement intercritique des régions du tronc cérébral impliquées dans le contrôle respiratoire ». Ils estiment que ce dysfonctionnement pourrait être détecté à l’aide d’un simple test de rétention de la respiration (BH) en IRMf, ouvrant la voie à un potentiel biomarqueur clinique. Cependant, ils soulignent la nécessité d’études à plus grande échelle pour confirmer ces résultats et évaluer l’utilité clinique de la connectivité fonctionnelle BH-fMRI ou à l’état de repos, notamment pour prédire le risque de SUDEP (mort subite inattendue due à l’épilepsie).