Home Santé Les problèmes digestifs peuvent-ils être un déclencheur de migraines ?

Les problèmes digestifs peuvent-ils être un déclencheur de migraines ?

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Publié le 10 février 2026 à 11h49. Des troubles digestifs fréquents pourraient être un facteur déclenchant de migraines, selon une nutritionniste valencienne. Comprendre le lien entre l’intestin et le cerveau pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour la prévention et la gestion de ces maux de tête.

À Valence, la nutritionniste Ángela Ortiz, de l’hôpital Vithas Valencia 9 de Octubre, attire l’attention sur une corrélation souvent négligée : de nombreux patients souffrant de migraines chroniques présentent également des problèmes digestifs. Distensions abdominales, reflux, constipation, diarrhée ou difficultés d’absorption des nutriments sont autant de symptômes fréquemment observés.

« L’intestin et le cerveau sont intimement connectés », explique-t-elle. Un déséquilibre du microbiome intestinal – qu’il soit lié au syndrome de l’intestin irritable, à la colite ulcéreuse, à la maladie de Crohn, à la maladie cœliaque, à la sensibilité au gluten non cœliaque, au SIBO (surcroissance bactérienne dans l’intestin grêle) ou à des intolérances alimentaires – peut engendrer des signaux inflammatoires susceptibles de favoriser l’apparition de crises migraineuses.

L’axe intestin-cerveau, un réseau de communication bidirectionnel, est au cœur de ce phénomène. Il implique le nerf vague, des neurotransmetteurs comme la sérotonine (dont 90 % est produite dans l’intestin), des hormones, le microbiote et des médiateurs inflammatoires. Lorsqu’une inflammation intestinale se manifeste, la perméabilité de la muqueuse intestinale augmente, activant le système immunitaire et entraînant la libération de cytokines pro-inflammatoires et d’histamine par les mastocytes.

« Les cytokines et l’accumulation d’histamine – due à une production excessive, une perméabilité accrue ou une difficulté de dégradation – peuvent sensibiliser les terminaisons nerveuses et activer le système trigémino-vasculaire, contribuant ainsi à l’émergence des migraines », précise la spécialiste.

L’histamine, une amine essentielle impliquée dans la neurotransmission, la réponse immunitaire, la digestion et le fonctionnement cardiovasculaire, est libérée par l’organisme en situation de stress ou d’inflammation. Elle est également présente dans certains aliments, tels que les saucisses, les fromages affinés, le vin et le poisson en conserve. Normalement, elle est dégradée par l’enzyme intestinale DAO (diamine oxydase).

« Lorsque l’activité de la DAO est réduite – en raison d’une prédisposition génétique, d’une inflammation intestinale ou de la prise de certains médicaments – l’histamine n’est pas correctement métabolisée et s’accumule, provoquant ce que l’on appelle l’histaminose. Ses symptômes peuvent être digestifs, cutanés et neurologiques, la migraine étant l’une des manifestations les plus fréquentes », explique Ángela Ortiz.

Toutefois, elle nuance : « Même avec une DAO fonctionnelle, une consommation excessive d’aliments riches en histamine peut agir comme un déclencheur, en particulier en cas de stress chronique ou d’inflammation intestinale. »

La clé, selon la nutritionniste, réside dans l’identification des déclencheurs individuels, l’évaluation de l’activité de l’enzyme DAO et l’adaptation du régime alimentaire en conséquence, plutôt que dans l’exclusion systématique d’aliments.

Elle souligne également que la modulation du microbiote par une alimentation riche en fibres, en oméga-3, en vitamine D et en probiotiques spécifiques peut améliorer la tolérance et réduire la fréquence et l’intensité des crises.

Pour améliorer leur qualité de vie, les personnes souffrant de migraines sont invitées à adopter une alimentation équilibrée et anti-inflammatoire, privilégiant les fruits, les légumes et les fibres ; à éviter l’alcool et les aliments ultra-transformés ; à éviter les jeûnes prolongés et à rester bien hydratées. Il est également recommandé de consulter un spécialiste pour identifier les déclencheurs de la migraine et élaborer un plan d’action personnalisé.

Enfin, la nutritionniste conseille de limiter les aliments riches en histamine si ceux-ci s’avèrent être des déclencheurs, de surveiller les symptômes digestifs et cutanés pouvant accompagner la migraine et de consulter un professionnel de santé pour exclure une éventuelle histaminose. L’intégration de techniques de gestion du stress et le maintien d’habitudes de sommeil régulières sont également recommandés.

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