La Floride fait face à une nouvelle menace sanitaire pour sa faune avec la confirmation du deuxième cas de maladie débilitante chronique (MDC), surnommée « maladie du cerf zombie ». Les autorités sanitaires animales de l’État déploient des mesures d’urgence pour endiguer la propagation de ce mal neurodégénératif hautement contagieux.
- Le deuxième cas de MDC en Floride a été identifié sur la carcasse d’une jeune biche dans le comté de Holmes, près de la frontière de l’Alabama.
- Cette maladie, qui n’a pas de remède ni de vaccin, est particulièrement préoccupante pour la gestion des populations de cerfs et pour la chasse.
- Des mesures de contrôle renforcées, incluant la surveillance des animaux et des règles spécifiques pour la saison de chasse, sont mises en place.
La maladie débilitante chronique (MDC) a été découverte lors d’un contrôle de routine sur l’animal, heurté par un véhicule. Le premier cas enregistré dans l’État remontait à juin 2023, concernant une biche trouvée à environ un kilomètre de là. Cette pathologie, plus répandue dans les régions de l’ouest et du nord-est des États-Unis, représente une menace majeure pour les cervidés.
Les experts alertent sur les conséquences potentiellement désastreuses si la MDC n’est pas maîtrisée. Bien qu’elle ne soit pas considérée comme dangereuse pour l’homme, la maladie se propage facilement par contact direct entre animaux, par la contamination de l’environnement et par l’intermédiaire des tiques. L’absence de traitement et de vaccin rend son éradication particulièrement complexe.
« Cette maladie constitue probablement actuellement la plus grande menace pour le cerf et la chasse au cerf en Amérique du Nord. »
Steven Shea, biologiste spécialisé dans les populations de cerfs
Steven Shea, un expert reconnu dans la gestion des habitats de cerfs en Floride, souligne la difficulté de contenir cette maladie. « D’après tout ce que nous savons, la MDC va continuer à se propager. Chaque fois que l’on a tenté de la contenir et de l’éradiquer, cela a échoué. Ce que les agences essaient donc de faire, c’est essentiellement de ralentir la propagation, de la maintenir dans une zone relativement petite. »
En réponse à cette découverte, la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission (FWC) a établi une zone de gestion spéciale et renforcé les programmes de surveillance et de suivi dans les comtés de Holmes, Jackson et Washington. Les résultats d’analyses sont en attente pour 90 animaux prélevés dans ces zones. La MDC est souvent qualifiée de « tueur silencieux » car les cerfs infectés peuvent vivre plusieurs années sans manifester de symptômes visibles. La maladie finit par affecter le tissu cérébral, entraînant une perte de poids, des troubles du comportement, une perte de coordination, une salivation excessive, et finalement la mort.
La population estimée de cerfs de Virginie en Floride s’élève à 700 000 individus, dont environ 100 000 sont chassés chaque année, faisant de cette espèce le gibier le plus populaire de l’État. Pour la prochaine saison de chasse, qui débutera plus tard ce mois-ci, la FWC a mis en place des réglementations spécifiques dans la zone de gestion de la MDC, rendant obligatoire la vérification de toutes les carcasses.
« La détection précoce en Floride nous place dans le meilleur des cas pour la gestion de la MDC, car une épidémie plus petite est plus réaliste à contenir. Les chasseurs sont notre première ligne de défense dans la gestion de cette maladie. Chaque échantillon nous aide à suivre la propagation de la maladie et éclaire nos stratégies pour la gérer efficacement. »
James Kelly, coordinateur de la surveillance de la MDC de la commission
L’inquiétude demeure quant à un possible « effet domino » si la MDC venait à s’installer durablement en Floride. Les chasseurs pourraient hésiter à consommer de la viande dont le test s’avère positif, entraînant une baisse de leur participation. Or, les chasseurs jouent un rôle crucial dans le contrôle des populations de cerfs, et leur retrait pourrait avoir des répercussions sur les collisions routières et la prédation des cultures.
De plus, l’industrie de la chasse est une source de revenus significative pour le financement des programmes de gestion de la faune et de la pêche en Amérique du Nord. Une diminution du nombre de chasseurs pourrait donc affecter les ressources allouées à ces programmes, bénéficiant à l’ensemble de la faune, pas seulement aux cerfs.