Publié le 2024-02-29 18:30:00. Des scientifiques explorent un monde microbien insoupçonné, enfoui au cœur de la Terre, composé d’organismes capables de survivre pendant des millions d’années dans un état de dormance, remettant en question notre compréhension de la vie et de l’évolution.
- Des microbes, appelés « intraterrestres », vivent dans des conditions extrêmes au plus profond de la croûte terrestre et des océans.
- Ces organismes peuvent rester métaboliquement inactifs pendant des périodes géologiques immenses, attendant des changements environnementaux lents.
- L’étude de ces microbes pourrait éclairer la possibilité de vie sur d’autres planètes.
Un monde caché grouille de vie sous nos pieds. Des scientifiques ont découvert l’existence de microbes extraordinaires, baptisés « intraterrestres », qui prospèrent dans les environnements les plus hostiles de notre planète. Ces organismes microscopiques, enfouis profondément dans la croûte terrestre et les sédiments marins, sont capables de survivre pendant des centaines de milliers, voire des millions d’années, dans un état de dormance quasi-complète.
Ces microbes se trouvent principalement dans les sédiments des grands fonds marins, enfouis sous des couches épaisses de matière, dans l’obscurité totale, sans nutriments disponibles et soumis à une pression considérable. Leur métabolisme est ralenti à un rythme extrêmement lent, leur permettant de persister pendant des périodes inimaginables pour la plupart des formes de vie connues.
Selon Karen G. Lloyd, professeure de sciences de la Terre à l’Université de Californie du Sud et auteure de l’ouvrage « Intraterrestrials : Discovering the Strangest Life on Earth », ces organismes présentent des adaptations uniques.
« Il existe des preuves que ces microbes ont des adaptations qui leur permettent de rester dans un état de non-croissance pendant de très longues périodes, comme s’ils attendaient quelque chose qui ne s’est produit que des milliers d’années plus tard. »
Cette découverte surprend les scientifiques car elle s’écarte des modèles traditionnels de l’évolution. La plupart des organismes évoluent en modifiant leur patrimoine génétique au fil des générations. Les intraterrestres, en revanche, semblent capables de survivre sans se reproduire pendant des époques considérables.
Les chercheurs pensent que ces microbes ont développé une forme de sélection naturelle leur permettant de réagir à des changements environnementaux lents, tels que les modifications de la croûte terrestre, la formation de failles ou d’autres événements géologiques majeurs. Ils anticipent, en quelque sorte, des événements qui se produisent sur des échelles de temps géologiques, comme des changements de plaques tectoniques ou l’apparition de nouvelles sources de nourriture suite à des éruptions volcaniques.
L’étude de ces intraterrestres soulève des questions fondamentales sur l’adaptation de la vie aux échelles de temps géologiques, les limites de la vie et le fonctionnement de l’évolution dans des organismes qui semblent à peine « vivants ». Ces recherches pourraient également avoir des implications importantes pour la recherche de vie dans d’autres environnements extrêmes, notamment sous la surface d’autres planètes ou lunes de notre système solaire.