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Les scientifiques éliminent complètement les protéines tau toxiques des neurones

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Publié le 2024-05-27 14:35:00. Des chercheurs ont identifié une enzyme impliquée à la fois dans la réponse immunitaire et dans le développement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, ouvrant de nouvelles perspectives pour des traitements ciblant l’accumulation de protéines toxiques dans le cerveau.

  • Une enzyme, OTULIN, semble réguler la production de la protéine tau, un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer.
  • La désactivation ou le ralentissement de l’activité d’OTULIN a permis de réduire les niveaux de protéine tau toxique dans des neurones cultivés en laboratoire.
  • Cette découverte suggère que l’OTULIN pourrait être une cible thérapeutique prometteuse pour prévenir ou ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.

Une équipe de l’Université du Nouveau-Mexique (UNM) a mis en évidence le rôle surprenant de l’OTULIN, une enzyme connue pour son implication dans le système immunitaire, dans la régulation de la production de la protéine tau. Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Psychiatrie Génomique, pourraient transformer notre compréhension des mécanismes à l’œuvre dans les maladies neurodégénératives.

Jusqu’à présent, l’OTULIN était principalement étudiée pour sa capacité à contrôler les réactions inflammatoires et à prévenir une activation excessive du système immunitaire. Elle agit en coupant l’ubiquitine, une petite molécule qui sert de signal pour marquer les protéines destinées à être dégradées. En régulant ce processus, l’OTULIN contribue à maintenir un équilibre dans la réponse immunitaire.

Les chercheurs ont découvert que l’OTULIN joue également un rôle crucial dans le métabolisme de l’ARN, les étapes qui permettent de produire et d’éliminer les messages génétiques. En modifiant l’activité de l’OTULIN, il est possible d’influencer la quantité de protéine tau produite par les neurones. Dans des neurones cultivés à partir de cellules souches, la désactivation de l’OTULIN a permis d’effacer la protéine tau toxique sans provoquer de signes de stress cellulaire.

La protéine tau est essentielle au bon fonctionnement des neurones, stabilisant les structures internes qui leur permettent de maintenir leur forme et de transmettre les signaux nerveux. Cependant, dans le cadre de maladies comme la maladie d’Alzheimer, la protéine tau peut s’accumuler et former des enchevêtrements neurofibrillaires, perturbant le fonctionnement des neurones et entraînant leur mort. Les scientifiques cherchent donc des moyens de prévenir ou de réduire l’accumulation de tau.

L’équipe de l’UNM a testé l’effet de la manipulation de l’OTULIN sur des neurones dérivés de donneurs atteints de la maladie d’Alzheimer et sur une lignée cellulaire de neuroblastome. Dans les deux cas, ils ont observé une réduction significative des niveaux de protéine tau toxique. Ils ont également constaté que ralentir l’activité de l’OTULIN avec une petite molécule, UC495, avait un effet similaire, bien que moins prononcé, que la suppression complète du gène OTULIN.

Cette différence entre le ralentissement et la suppression de l’OTULIN suggère qu’un contrôle précis de son activité sera essentiel pour développer des thérapies efficaces. Une approche trop brutale, visant à éliminer complètement l’OTULIN, pourrait avoir des effets indésirables sur d’autres gènes et processus cellulaires. En effet, la perte d’OTULIN a entraîné des modifications importantes dans l’expression de plus de 13 000 gènes, notamment ceux impliqués dans la réponse inflammatoire.

Les chercheurs soulignent que l’OTULIN pourrait être un régulateur clé du vieillissement cérébral, en raison de son rôle dans le métabolisme de l’ARN. Dans les cerveaux vieillissants, l’équilibre entre la production et l’élimination des protéines est souvent perturbé, et l’OTULIN pourrait se trouver au cœur de ce déséquilibre. Des défauts dans l’OTULIN peuvent également être associés à des syndromes auto-inflammatoires, des maladies d’origine immunitaire qui se manifestent sans infection.

Les prochaines étapes de la recherche consisteront à évaluer l’efficacité et la sécurité de la manipulation de l’OTULIN chez des modèles animaux, en surveillant attentivement les effets sur la mémoire, les mouvements et la réponse immunitaire. Si ces études confirment les résultats obtenus en laboratoire, cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurodégénératives, axées sur la réduction de la production de protéine tau avant que les enchevêtrements ne se forment.

Pour en savoir plus sur les recherches sur la maladie d’Alzheimer, vous pouvez consulter cette étude sur PubMed.

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