Publié le 26 février 2026 à 18h29. La Commission européenne a ouvert la voie à l’utilisation de fonds européens pour faciliter l’accès à l’avortement pour les femmes qui ne peuvent pas bénéficier de cet droit dans leur pays d’origine, suite à une initiative citoyenne ayant recueilli plus d’un million de signatures.
- La Commission européenne refuse la création d’un fonds spécifique dédié à l’avortement, mais autorise l’utilisation du Fonds social européen (FSE+) pour améliorer l’accès à des services d’avortement sûrs et légaux.
- L’initiative citoyenne européenne « Ma Voix, Mon Choix » a rassemblé 1,2 million de signatures pour demander un soutien financier aux pays accueillant des femmes venant d’États où l’IVG est restreinte ou interdite.
- L’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 483 000 avortements à risque ont lieu chaque année en Europe en raison de l’accès limité à l’IVG dans certains pays.
La Commission européenne a répondu ce jeudi 26 février 2026 à l’initiative citoyenne européenne (ICE) « Ma Voix, Mon Choix », qui réclamait la mise en place d’un mécanisme de soutien financier pour les femmes se rendant dans des pays où l’avortement est légal. Bien que rejetant la création d’un nouveau fonds dédié, l’exécutif européen a indiqué que les États membres souhaitant le faire pouvaient mobiliser le Fonds social européen (FSE+) pour améliorer l’accès à l’IVG.
Cette décision intervient alors que l’accès à l’avortement reste très limité dans certains pays de l’Union européenne, notamment en Pologne et à Malte. De nombreuses femmes se tournent vers des pays comme les Pays-Bas, où l’IVG est légal, mais doivent assumer les coûts ou dépendre de l’aide d’organisations humanitaires.
« Fournir des soins de santé de qualité et abordables aux femmes, c’est respecter leurs droits et leur dignité. »
Commission européenne
La commissaire européenne à l’égalité, Hadja Lahbib, a souligné l’importance de garantir l’accès à l’avortement pour toutes les femmes, affirmant : « La sécurité et la liberté de choix ne devraient jamais dépendre de votre code postal ou de vos revenus. C’est l’Europe de l’égalité dans laquelle nous voulons vivre. »
Les réactions à cette annonce sont mitigées. L’eurodéputée D66 Garcia-Hermida van der Walle s’est dite satisfaite, estimant que la Commission européenne reconnaissait l’avortement comme un soin de santé relevant des compétences de l’Union. À l’inverse, l’eurodéputé SGP Bert-Jan Ruissen a fermement critiqué cette décision, dénonçant une ingérence de l’UE dans les politiques nationales en matière d’avortement et une remise en question de la protection de la vie.
« Ma Voix, Mon Choix », l’organisation à l’origine de l’initiative citoyenne, avait initialement demandé la création d’un fonds spécifique. Bien que ce ne soit pas le cas, elle se dit satisfaite de cette première étape : « La réponse est : oui, nous avons gagné. Ce n’est pas le résultat que nous souhaitions, mais la voie à suivre pour rendre l’avortement sécurisé possible. »
Pour en savoir plus sur le mouvement « Ma Voix, Mon Choix », consultez leur site web.