Home Accueil Les survivants démunis de la cyberarnaque en Asie du Sud-Est alimentent une « crise internationale » | Développement mondial

Les survivants démunis de la cyberarnaque en Asie du Sud-Est alimentent une « crise internationale » | Développement mondial

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Publié le 24 février 2026 à 11h44. Une crise humanitaire grandissante touche les survivants des fermes à arnaques en Asie du Sud-Est, nécessitant une réponse internationale urgente face à l’absence de soutien adéquat.

Les organisations caritatives et les travailleurs humanitaires lancent un appel pressant aux gouvernements du monde entier pour qu’ils apportent une aide d’urgence aux victimes des réseaux de cyberarnaques qui sévissent en Asie du Sud-Est. Selon un rapport accablant publié en janvier par Amnesty International, la situation est devenue une « crise internationale » sur le sol cambodgien.

Des milliers de personnes, originaires de plus de 50 pays, ont récemment fui ou ont été libérées de ces complexes où elles étaient soumises à des abus horribles, notamment des viols et des tortures. Amnesty International estime que des centaines de milliers de personnes sont encore piégées dans des complexes situés au Cambodge, au Myanmar, au Laos, aux Philippines et en Malaisie. Elles sont attirées sous de faux prétextes d’emplois bien rémunérés, avant d’être victimes de trafic et contraintes par des gangs criminels à escroquer des victimes potentielles.

Les recherches d’Amnesty International ont révélé que de nombreux survivants se retrouvent sans papiers, sans argent et sans abri, notamment au Cambodge. L’organisation qualifie cette situation d’« crise internationale sur le sol cambodgien ».

Montse Ferrer, directrice régionale de recherche chez Amnesty International, souligne le manque de soutien de l’État cambodgien :

« Nous ne voyons pas l’État cambodgien offrir un dépistage des victimes à ces individus ou tout autre soutien auquel on pourrait s’attendre dans une situation comme celle-ci : une crise humanitaire. »

Montse Ferrer, directrice régionale de recherche, Amnesty International

La situation est aggravée par les coupes budgétaires généralisées dans l’aide humanitaire. Au Cambodge, de nombreux survivants dorment dans la rue, tandis qu’en Birmanie, ceux qui sont secourus par les autorités sont souvent détenus dans des parkings, des camps militaires ou des centres de détention pendant des semaines, en attendant d’être pris en charge. Amy Miller, directrice pour l’Asie du Sud-Est de l’agence humanitaire Acts of Mercy, explique que les petites organisations humanitaires et les refuges locaux sont débordés et sous-financés, et que les grandes organisations comme la Croix-Rouge ne sont pas encore impliquées.

Plus de 7 000 personnes ont été secourues lors d’une opération en Birmanie en février dernier, et plus de 2 000 en octobre. Cependant, Andrey Sawchenko, vice-président de l’International Justice Mission (IJM) pour l’impact du programme en Asie-Pacifique, insiste sur la nécessité d’un soutien adéquat pour les milliers de survivants, qui ont souvent besoin d’une aide médicale et psychologique.

Félix, un Éthiopien de 31 ans, a été libéré après 18 mois passés dans deux complexes au Myanmar. Il témoigne des conditions inhumaines :

« Ils vous frappent, ils vous donnent des coups de pied, tout. »

Félix, survivant

Il décrit une situation où les soins médicaux étaient inexistants et la violence omniprésente.

Les victimes qui s’échappent sont confrontées à de nombreux dangers, allant de la jungle dense où elles risquent d’être capturées et tuées, à la nécessité de payer une rançon pour être libérées. Les organisations non gouvernementales locales, comme la Fondation Immanuel en Thaïlande, et les gouvernements interviennent pour les secourir, mais le processus de rapatriement est souvent long et difficile, faute de nourriture ou de logement pendant l’attente.

Tomoya Obokata, rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, estime que les gouvernements ont la responsabilité de fournir des lieux sûrs et un soutien médical et psychologique avant que les victimes ne puissent rentrer chez elles. Il souligne également la nécessité de confisquer les produits de l’escroquerie pour financer les groupes d’intervention sur le terrain.

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