Publié le 23 février 2026 20:06:00. Le ministère des Finances costaricien met en garde contre les conséquences potentielles d’un retour intégral des fonds du Régime de retraite complémentaire obligatoire (ROP) sur les taux d’intérêt des crédits et la dette publique du pays, alors que le Congrès examine cette question.
Un retour complet des ressources du ROP pourrait entraîner une augmentation de 56 milliards de colons (₡) des dépenses d’intérêts dès 2026, atteignant 613 milliards de ₡ en 2030, selon les projections du ministère. Ces chiffres sont basés sur l’expérience de pays comme le Pérou et le Chili, qui ont déjà procédé à des remboursements similaires de régimes complémentaires.
Le ministre Rudolf Lücke a expliqué que la vente des titres de créance détenus par le ROP provoquerait une offre soudaine sur le marché, entraînant une baisse de leur valeur et affectant les rendements pour les affiliés. Il a souligné que la liquidation de ces titres se ferait à un prix inférieur à leur valeur actuelle.
« Le problème est qu’avec un prix plus bas, ces pertes devront être matérialisées, ce qui réduit la valeur du fonds et génère des rendements moindres pour les affiliés. Lorsque ces titres seront liquidés pour fournir les ressources, ils vaudront moins. »
Rudolf Lücke, ministre
Par ailleurs, le Trésor public devrait émettre de nouveaux titres pour financer la dette publique, et ces titres devraient être compétitifs sur le marché, ce qui pourrait entraîner une baisse des taux d’intérêt. Selon les estimations du ministère, une personne disposant d’un prêt automobile de 15 millions de ₡ paierait 292 000 ₡ de plus par an, tandis qu’un prêt de 25 millions de ₡ pour une petite ou moyenne entreprise (PME) verrait son coût annuel augmenter de 677 000 ₡. Dans le secteur du logement, un prêt de 65 millions de ₡ serait confronté à une augmentation d’environ 1,3 million de ₡ par an.
Le ministère a également chiffré l’impact en termes d’opportunités manquées. Selon Rudolf Lücke, les 140 milliards de ₡ nécessaires pour rembourser la dette pourraient financer 350 000 bourses « Avancemos », 15 000 bons de logement, la construction de 407 kilomètres de nouvelles routes ou l’entretien de 1 522 kilomètres de routes existantes.
« Pour le ministère des Finances et tous les Costaricains ? 140 milliards de colons immédiatement affectés au service de la dette, ce qui se traduit par 350 000 bourses Avancemos, 15 000 bons de logement, 407 km de nouvelles routes ou 1 522 km d’entretien routier. »
Rudolf Lücke, ministre
Leiner Vargas, économiste et porte-parole des organisations qui plaident pour le retour du ROP, a accusé les autorités de chercher à semer la peur au sein de la population et des députés. Il a affirmé que 6 % des ressources actuellement gérées par le ROP sont investies dans des obligations à court terme (180 jours), ce qui permettrait d’éviter la liquidation des bons du Trésor ou des investissements à l’étranger et d’atténuer les pertes annoncées par le ministre.
Les débats sur le ROP se poursuivront lundi prochain, lorsque les députés examineront les propositions des différents acteurs impliqués dans la table multisectorielle chargée de déterminer les modalités de retrait des fonds.