Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une exposition prolongée à l’arsenic pourrait augmenter significativement le risque de cancer de la prostate, en particulier les formes les plus agressives, selon une étude récente menée par des chercheurs espagnols. Cette recherche souligne l’importance de la surveillance de l’arsenic dans l’environnement et l’alimentation.
- L’étude révèle que les hommes présentant des concentrations plus élevées d’arsenic dans leurs ongles ont presque deux fois plus de risques de développer un cancer de la prostate.
- Ce risque accru est particulièrement marqué dans les cas de tumeurs plus agressives et à un stade avancé.
- La prédisposition génétique ne semble pas influencer l’association entre l’exposition à l’arsenic et le développement de la maladie.
Des chercheurs du Centre National d’Épidémiologie (CNE) de l’Institut de Santé Carlos III (ISCIII) ont publié leurs conclusions dans la revue Environmental Research. L’étude s’appuie sur l’analyse de la présence d’arsenic, un métalloïde toxique, dans les ongles de 813 hommes. Parmi eux, 345 avaient récemment reçu un diagnostic de cancer de la prostate, tandis que les 468 autres constituaient un groupe témoin en bonne santé.
Les résultats indiquent une corrélation claire : les hommes affichant les niveaux d’arsenic les plus élevés dans leurs ongles présentaient une probabilité presque doublée de développer un cancer de la prostate par rapport à ceux dont les niveaux étaient plus faibles. L’étude précise que cette augmentation du risque est d’autant plus importante que la tumeur est agressive et étendue, suggérant que l’arsenic pourrait non seulement favoriser l’apparition de la maladie, mais également accélérer sa progression.
De manière intéressante, les chercheurs n’ont pas observé de lien entre la prédisposition génétique au cancer de la prostate et l’impact de l’exposition à l’arsenic. Cela suggère que l’arsenic agit comme un facteur de risque indépendant, renforçant l’importance des mesures de prévention environnementale.
L’arsenic est naturellement présent dans l’environnement, mais peut également être trouvé dans l’eau potable, certains aliments et certains processus industriels. Bien que l’exposition à des doses élevées soit déjà reconnue comme un facteur de risque pour certains cancers, son rôle spécifique dans le développement du cancer de la prostate restait jusqu’à présent sujet à débat.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de renforcer la surveillance et le contrôle de l’arsenic dans l’eau, l’alimentation et l’environnement afin de limiter l’exposition chronique de la population. Ils estiment que la réduction de cette exposition pourrait contribuer à diminuer à la fois l’incidence et la gravité de la maladie.
Cette recherche, menée dans le cadre du projet MCC-Espagne, a été dirigée par Esther García-Esquinas, chercheuse au CNE de l’ISCIII. Elle a bénéficié de la collaboration du Centre National de Santé Environnementale (CNSA) et de membres du Consortium de Recherche Biomédicale en Réseau (CIBER-ISCIII).