Publié le 13 février 2024 23:57:00. La nouvelle production de Wozzeck d’Alban Berg à Graz, signée Evgeny Titov, mise sur une esthétique sombre et une scénographie immersive pour explorer la descente aux enfers d’un homme brisé par la société et le désespoir.
- Le metteur en scène Evgeny Titov privilégie une approche épurée et visuellement frappante, déjà visible dans ses précédentes mises en scène.
- La scénographie, conçue par Gideon Davey, crée un univers labyrinthique et oppressant, symbolisant l’isolement et la déchéance du personnage principal.
- Des projections vidéo renforcent l’atmosphère sombre et déshumanisante de l’œuvre.
Dès le début, l’ensemble des figures qui précipitent Wozzeck vers sa perte sont rassemblées : le médecin, le capitaine, le tambour-major et, bien sûr, Marie. Depuis une petite colline, ils observent Wozzeck, nu et vulnérable. Deux figures angéliques encadrent la première des quinze stations du chemin de croix de ce « pauvre diable », qui s’enfonce inexorablement dans le désespoir et la souffrance.
Evgeny Titov, connu pour son approche directe et son souci du détail, confirme une fois de plus son style distinctif. Après avoir livré des productions remarquées de « Tannhäuser » à Graz, d’« Iolanta » à l’Opéra national de Vienne, des « Trois Sœurs » au Festival de Salzbourg et une « Salomé » excessive et déconcertante au Komische Oper de Berlin, il se concentre sur l’essentiel. À chaque fois, il parvient à créer une solution scénique originale et visuellement puissante, grâce notamment à la collaboration avec des scénographes talentueux, comme Gideon Davey dans ce cas précis.
La scène de Wozzeck se transforme en un fragment de nature enchantée, une forêt en mouvement. Sous-bois, buissons, arbres forment un véritable labyrinthe dans lequel Wozzeck se perd, constamment harcelé. Cette obscurité visuelle contraste avec l’âme torturée du protagoniste, dont la déshumanisation progressive est accentuée par des projections vidéo créant une ambiance tantôt sombre, tantôt extrêmement lugubre.