Publié le 18 février 2026 10:04:00. Une intelligence artificielle (IA) pourrait aider à prédire le risque de récidive du cancer du sein après traitement, en analysant des mammographies réalisées avant l’intervention chirurgicale. Une étude rétrospective menée sur plus de 1 700 patientes révèle que l’IA offre une précision comparable aux modèles cliniques existants.
- L’IA, appliquée aux mammographies préopératoires, permet d’évaluer le risque de récidive du cancer du sein après un traitement pour un carcinome canalaire in situ (CCIS).
- Les performances prédictives de l’IA sont similaires à celles des modèles de risque clinique établis.
- Cette approche non invasive pourrait aider à personnaliser les stratégies de traitement et de suivi des patientes atteintes de CCIS.
Le cancer du sein reste un défi majeur de santé publique. Environ un diagnostic de cancer du sein sur cinq découvert grâce au dépistage correspond à un carcinome canalaire in situ (CCIS), une forme non invasive où des cellules cancéreuses se limitent aux canaux galactophores. Bien que souvent considéré comme moins agressif, le CCIS présente un risque accru de développer un cancer du sein invasif et, par conséquent, un risque de mortalité plus élevé pour les patientes concernées. Environ neuf femmes sur 1 000 diagnostiquées avec un CCIS développent chaque année un cancer du sein invasif.
Des chercheurs se penchent de plus en plus sur le potentiel de l’intelligence artificielle pour améliorer la prise en charge du cancer du sein. Si l’utilisation de l’IA en radiologie du sein suscite des débats – une étude de 2025 a notamment montré que les outils actuels pourraient manquer près d’un cancer sur trois, en particulier dans les tissus mammaires denses et pour les tumeurs de petite taille (2 cm ou moins) – des avancées significatives sont observées. D’autres recherches ont démontré que l’IA peut améliorer la précision et la spécificité du diagnostic par imagerie par résonance magnétique (IRM).
La nouvelle étude, menée sur une cohorte de plus de 1 700 patientes (âge moyen de 55 ans) opérées pour un CCIS entre janvier 2012 et décembre 2017, et suivies pendant au moins un an après l’intervention, a évalué la capacité d’un système commercial d’IA à prédire les récidives. Les dossiers médicaux ont été analysés pour identifier l’apparition de nouveaux cancers du sein. Les résultats montrent qu’un score d’IA de 73,5 % ou plus est associé de manière significative à un risque accru de récidive ipsilatérale (du même côté) après une chirurgie conservatrice du sein (chirurgie préservant le sein). Plus précisément, 28 femmes ont présenté une récidive ipsilatérale après une chirurgie conservatrice, 7 après une mastectomie, et 25 ont développé un cancer du sein controlatéral (du côté opposé).
Fait important, les prédictions de récidive obtenues grâce à l’IA ne diffèrent pas significativement de celles fournies par les modèles cliniques existants, tels que le nomogramme VNPI et le modèle MSKCC, tant à 5 qu’à 10 ans. Les chercheurs soulignent que l’utilisation de scores d’IA, obtenus de manière non invasive à partir de mammographies préopératoires, pourrait permettre d’affiner les stratégies de traitement et de surveillance des patientes atteintes de CCIS.
Référence
Yoon JH et coll. Score d’intelligence artificielle disponible dans le commerce sur la mammographie préopératoire pour la prédiction du futur cancer du sein après un traitement par CCIS. AJR. 2026;DOI :10.2214/AJR.25.34364.
Service national de santé (NHS) Angleterre. Histoire de données sur le carcinome canalaire in situ (CCIS). 2023. Disponible sur : https://digital.nhs.uk/ndrs/data/data-stories/ductal-carcinoma-in-situ. Consulté pour la dernière fois le 18 février 2026.