Publié le 2025-10-21 14:27:00. Une étude menée sur six ans en France met en lumière les risques associés aux infections nosocomiales résistantes aux antibiotiques en soins intensifs, en comparant notamment la survie des patients infectés par des bactéries multirésistantes aux carbapénèmes avec ceux atteints par des souches sensibles.
- L’étude a analysé les données de 206 unités de soins intensifs adultes françaises entre 2016 et 2022.
- Elle se penche sur la survie à 30 jours et le risque de réinfection chez les patients souffrant d’infections nosocomiales.
- Une attention particulière est portée aux infections causées par des bactéries Gram négatif non fermentantes (Nf-GNB) résistantes aux carbapénèmes.
Menée dans le cadre du réseau REA-REZO, cette étude observationnelle s’appuie sur les données anonymisées de patients admis en réanimation entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2022. Elle a examiné les infections contractées au sein de ces unités, incluant les infections sanguines, les pneumonies et celles liées aux cathéters vasculaires centraux, survenant au moins 48 heures après l’admission. Les chercheurs ont spécifiquement étudié les infections causées par des bactéries comme *Pseudomonas aeruginosa* ou *Acinetobacter baumannii* résistantes aux carbapénèmes (imipénème et/ou méropénème), les comparant aux infections provoquées par les mêmes agents pathogènes mais sensibles à ces antibiotiques. Le protocole détaillé de collecte des données est disponible sur le site de REA-REZO.
L’analyse a pris en compte une multitude de facteurs pour évaluer le risque, tels que l’âge, le sexe, la sévérité initiale du patient (score SAPS II), la durée du séjour en soins intensifs, la présence de traumatismes, le type d’admission (médicale, chirurgicale programmée ou urgente), le statut COVID-19 à l’admission, l’utilisation précoce d’antibiotiques, ainsi que le site de l’infection et l’agent pathogène identifié. Les critères d’évaluation principaux incluaient la survie à 30 jours en unité de soins intensifs, ainsi que le risque de réinfection et de rechute par le même agent pathogène. Pour cela, une méthode d’appariement sophistiquée a été employée, comparant chaque cas d’infection résistante à un cas d’infection sensible, en tenant compte de nombreuses variables confusionnelles potentielles.
Les analyses statistiques, réalisées avec le logiciel R, ont utilisé des modèles de régression des risques concurrents pour évaluer l’association entre les infections résistantes aux carbapénèmes et divers événements cliniques, tels que le décès ou la sortie de l’hôpital. La signification statistique a été fixée à un seuil de p < 0,05. Des analyses de sensibilité ont été menées pour confirmer la robustesse des résultats. L'étude vise ainsi à mieux cerner l'impact des infections nosocomiales multirésistantes sur le pronostic des patients en réanimation et à orienter les stratégies de prise en charge.