Le Comité International Olympique (CIO) a fermement condamné la décision du gouvernement indonésien de refuser des visas à l’équipe nationale israélienne de gymnastique, privant ainsi les athlètes de leur participation aux 53èmes Championnats du monde de gymnastique artistique à Jakarta, qui débutent dimanche.
Dans un communiqué sans équivoque, le CIO a rappelé la position de principe qui régit le mouvement olympique : « Tous les athlètes, équipes et officiels sportifs éligibles doivent pouvoir participer aux compétitions et événements sportifs internationaux sans aucune forme de discrimination de la part du pays hôte, conformément à la Charte olympique et aux principes fondamentaux de non-discrimination, d’autonomie et de neutralité politique. » L’instance olympique a souligné que la responsabilité de garantir le respect de ce principe incombe directement au pays hôte et aux organisateurs, qui doivent obtenir toutes les assurances nécessaires des autorités compétentes.
Le CIO a également annoncé que cette situation ferait l’objet de discussions avec l’Indonésie lors de sa prochaine réunion. « Le sport doit rester un espace sûr permettant aux athlètes de réaliser leurs rêves ; et les athlètes ne doivent pas être tenus responsables des décisions politiques », a ajouté le communiqué, réaffirmant la nécessité de dissocier le sport des enjeux politiques.
La Fédération israélienne de gymnastique (IGF) a vivement réagi à cette décision, la qualifiant de « violation flagrante » des règles. Via la BBC, l’IGF a dénoncé l’inconcevabilité d’un pays interdisant la participation d’une autre nation à un championnat du monde, « alors que les instances dirigeantes restent les bras croisés ». L’organisation estime que cette décision sape les fondements du sport et de la compétition loyale, portant un coup sévère au moral des gymnastes et du staff. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a, quant à lui, rejeté la demande d’intervention d’Israël.
Cette interdiction de visa intervient dans un contexte tendu, l’Indonésie justifiant sa décision par la guerre à Gaza. Ce n’est pas la première fois que des équipes israéliennes se voient refuser l’accès au territoire indonésien. L’Indonésie avait déjà été déchue de son droit d’accueillir la Coupe du monde de football des moins de 20 ans suite au refus du gouverneur de Bali d’accueillir l’équipe d’Israël.
Ces dernières mois, les équipes et supporters israéliens ont été confrontés à plusieurs restrictions. L’équipe cycliste Israel Premier Tech a ainsi été exclue du Giro dell’Emilia, une course prévue le 4 octobre en Italie, en raison de potentielles manifestations pro-palestiniennes jugées perturbatrices. Dans le domaine du football, l’UEFA Europa League s’apprêtait à voter en septembre la suspension d’Israël en raison du conflit à Gaza, une décision finalement écartée par la FIFA, dont le président Gianni Infantino a annoncé qu’aucune mesure ne serait prise à l’encontre de l’équipe le 3 octobre. Le président de la FIFA aurait ensuite félicité la fédération palestinienne de football pour sa résilience, selon l’Associated Press.
Les supporters israéliens ont également été visés par des interdictions. Les fans du club de football Maccabi Tel Aviv ont été interdits d’assister à un match de Ligue Europa à Birmingham, le 6 novembre, pour des raisons de sécurité, faisant suite à une attaque subie par des supporters à Amsterdam.