Publié le 26 février 2026. La Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane imposés par l’administration Trump en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), plongeant les acteurs du secteur agroalimentaire dans l’incertitude quant à l’avenir des tarifs et à leur impact sur les prix à la consommation.
- La Cour suprême a jugé que l’IEEPA ne permet pas au président d’imposer unilatéralement des droits de douane.
- L’administration Trump a réagi en envisageant d’autres mesures douanières, créant une nouvelle vague d’incertitude.
- Les professionnels du secteur craignent des perturbations des chaînes d’approvisionnement et une augmentation des coûts pour les consommateurs.
La décision de la Cour suprême, rendue le 20 février 2026, constitue un revers majeur pour la politique commerciale de Donald Trump. La Cour a estimé que le président avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant l’IEEPA pour justifier l’imposition de droits de douane « réciproques » et de taxes ciblées sur les importations, notamment celles liées au fentanyl. Cette loi, initialement conçue pour répondre à des urgences économiques nationales, ne peut, selon la Cour, servir de base à des mesures douanières générales.
L’annonce a semé la confusion parmi les entreprises importatrices. Elena Kong, de Love April, témoigne de l’incertitude ambiante :
« Je n’en ai aucune idée. Nous ne savons pas quand nous aurons à nouveau une amende ni de quel montant. Pour l’instant, rien ne change mais l’insécurité augmente. »
Elena Kong, Love April
Elle souligne la difficulté pour les courtiers en douane, les importateurs et les clients de prévoir les coûts futurs.
GT Parris, de Greenyard USA/Seald Sweet, partage ce sentiment d’incertitude :
« Nous sommes très prudents concernant la nouvelle annonce de la semaine dernière. Comme beaucoup d’autres acteurs de notre secteur, nous avons été quelque peu surpris par la décision de la Cour suprême des États-Unis. Il ne nous appartient pas de débattre de savoir si elle est correcte ou non. La réponse ultérieure de Donald Trump n’a fait qu’ajouter encore plus d’incertitude quant à la direction que pourrait prendre cette situation. »
GT Parris, Greenyard USA/Seald Sweet
Il espère que le discours sur l’état de l’Union apportera des éclaircissements, mais craint que la question ne soit finalement tranchée par voie juridique, un processus qui pourrait prendre des semaines, voire des mois.
Les producteurs s’inquiètent également des conséquences de cette décision sur la saison à venir. M. Parris insiste sur l’importance de protéger l’accès des consommateurs aux fruits et légumes frais, en particulier dans un contexte d’évolution des recommandations nutritionnelles.
Anthony Serafino, d’Exp. Groupe SARL, estime que les entreprises ont droit à un remboursement des droits de douane payés :
« Les changements tarifaires en cours ont créé des troubles importants pour notre industrie, nous laissant aspirer à plus de clarté au milieu de la confusion. Cet état d’incertitude constant n’est pas durable, et nous estimons qu’un remboursement nous est dû à la lumière de la décision. Nous nous alignons sur la position de la Cour suprême sur les implications de ces tarifs. »
Anthony Serafino, Exp. Groupe SARL
Il déplore l’impact des coûts croissants sur l’accessibilité financière des produits pour les consommateurs.
L’International Fresh Produce Association (IFPA) s’est félicitée de la décision de la Cour suprême, soulignant qu’elle contribue à restaurer la prévisibilité du marché des produits frais. https://www.freshproduce.com/
dVida adopte une approche pragmatique, privilégiant la flexibilité et la réactivité face à l’évolution de la réglementation. Cristina Jacome explique que l’entreprise a choisi d’absorber les coûts liés aux tarifs afin d’éviter de perturber les programmes et les commandes de ses clients :
« Ajuster les prix en cours de programme, en particulier après que des engagements ont été pris, peut créer des défis inutiles, c’est pourquoi le maintien de la cohérence et de la fiabilité a été une priorité pour nous. »
Cristina Jacome, dVida
Elle attend des directives actualisées des douanes américaines concernant les accords commerciaux préférentiels, notamment pour les bananes et autres fruits tropicaux sud-américains.
Pour plus d’informations :
https://www.loveapril.net/
www.sealdsweet.com
www.expgroup.us
www.dvidaco.com