Publié le 2025-10-24 15:26:00. L’inflation américaine a atteint 3% en septembre, une première depuis janvier, se révélant toutefois moins marquée que redouté par les analystes. Cette donnée, publiée après la réouverture du gouvernement, intervient à un moment crucial pour la Réserve fédérale.
- Le taux d’inflation annuel en septembre s’est établi à 3%, marquant une hausse par rapport aux 2,9% d’août.
- Les économistes anticipaient une inflation plus élevée, autour de 3,1%.
- Le rapport a été publié par le ministère du Travail après la récente fermeture administrative du gouvernement américain.
Le ministère du Travail américain a dévoilé des chiffres d’inflation pour le mois de septembre qui atteignent 3%, un seuil non vu depuis janvier. Bien que cette augmentation des prix à la consommation sur une année soit supérieure au mois précédent (2,9%), elle se situe en deçà des prévisions de nombreux analystes, qui tablaient sur 3,1%. Cette statistique est l’une des premières données économiques officielles à être rendues publiques après la fin de la paralysie gouvernementale.
Ce rapport intervient à quelques jours d’une décision clé de la Réserve fédérale américaine (Fed) concernant ses taux d’intérêt. La publication de ces chiffres d’inflation, plus modérés qu’attendu, a renforcé les spéculations sur une possible réduction des taux d’emprunt par les décideurs de la Fed. Sur la période d’août à septembre, l’augmentation mensuelle des prix a également connu un léger ralentissement, passant de 0,4% à 0,3%.
Malgré la pression des droits de douane, leur impact sur l’inflation semble rester « généralement modéré », selon Olu Sonola, responsable de la recherche économique américaine chez Fitch Ratings. Il estime que ces chiffres apporteront un « soupir de soulagement à la Fed ». M. Sonola ajoute :
« Aussi étrange que cela puisse paraître, la Fed se contentera d’un maintien de l’inflation autour de 3% au cours des prochains mois. »
La Réserve fédérale est dans une situation complexe, confrontée à une économie présentant à la fois des signes de ralentissement de l’emploi et une inflation persistante. Traditionnellement, la Fed augmente ses taux d’intérêt pour maîtriser la hausse des prix et les baisse pour stimuler l’activité économique et l’emploi. Or, ces derniers mois, le rythme des embauches a ralenti, tandis que l’inflation dépasse toujours l’objectif de 2% fixé par la banque centrale, en partie à cause de politiques comme celles de l’administration Trump concernant les tarifs douaniers.
Par exemple, les prix des meubles ont connu une hausse annuelle de 3,8% jusqu’en septembre, dont 0,9% sur le seul mois de septembre. Même si l’inflation s’est accélérée, les entreprises semblent hésiter à répercuter intégralement le coût des nouvelles taxes douanières sur leurs clients, limitant ainsi l’ampleur de la hausse des prix. Cette prudence des entreprises contribue à expliquer pourquoi l’inflation globale est restée en deçà des attentes.
Le ministère du Travail a rappelé les employés mis en congé sans solde pendant la fermeture pour pouvoir publier ce rapport, essentiel au calcul des ajustements du coût de la vie pour le programme de retraite de la Sécurité sociale. L’augmentation des prix a touché la plupart des catégories de biens et services, certains produits alimentaires enregistrant des hausses particulièrement notables. Ainsi, le prix du bœuf a grimpé de plus de 14% depuis septembre 2024, et celui du café de près de 19%. Les loyers, quant à eux, ont continué leur progression, affichant une hausse de 3,5% sur l’année jusqu’en septembre, un taux similaire à celui du mois précédent.