Genève, le 27 octobre 2025. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a officiellement classé le virus de l’hépatite D (VHD) parmi les agents cancérigènes les plus dangereux pour l’homme. Cette décision, saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), place le VHD au même niveau que des agents pathogènes bien connus pour leur potentiel oncogène, tels que les virus de l’hépatite B et C.
- Le VHD, un virus « satellite » dépendant du virus de l’hépatite B (VHB), est désormais classé dans le groupe 1 des cancérigènes pour l’homme.
- Les personnes co-infectées par le VHB et le VHD présentent un risque significativement accru de développer un cancer du foie.
- La vaccination contre l’hépatite B constitue la principale arme de prévention contre le VHD.
Cette nouvelle classification repose sur des études épidémiologiques solides démontrant un lien indéniable entre l’infection par le VHD et l’incidence du carcinome hépatocellulaire, la forme la plus courante de cancer du foie. Jusqu’à 10 % des personnes atteintes d’une infection chronique par le VHB seraient également porteuses du VHD, une prévalence qui varie considérablement selon les régions du monde et les populations à risque, comme les usagers de drogues par voie intraveineuse. Les autorités sanitaires reconnaissent que la menace posée par le VHD a peut-être été sous-estimée jusqu’à présent.
Le VHD est un virus particulier qui ne peut se développer et se propager qu’en présence du virus de l’hépatite B (VHB). Il agit comme un « satellite », utilisant l’enveloppe du VHB pour se multiplier dans l’organisme. Cette dépendance a des conséquences graves : les personnes infectées par les deux virus sont beaucoup plus susceptibles de développer des formes sévères de la maladie, l’hépatite aiguë évoluant plus rapidement vers une hépatite chronique. Le risque de cirrhose hépatique et, par conséquent, de cancer du foie, est ainsi considérablement majoré.
Le CIRC, une agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a réévalué les données scientifiques actuelles et conclu que les preuves étaient suffisamment probantes pour inscrire le VHD dans la catégorie « cancérigène certain pour l’homme » (groupe 1). Les études ont clairement établi que le risque de développer un cancer du foie est nettement plus élevé chez les patients co-infectés VHB/VHD que chez ceux atteints uniquement par le VHB. Ces constats humains justifient pleinement cette révision du statut du virus.
Un aspect crucial distingue le VHD d’autres virus cancérigènes : son incapacité à survivre sans le VHB. Par conséquent, la vaccination contre l’hépatite B représente une stratégie de prévention efficace non seulement contre le VHB, mais aussi indirectement contre le VHD. Le CIRC insiste sur la nécessité d’étendre systématiquement les programmes de vaccination pour endiguer la propagation du VHD et prévenir ses complications mortelles.
Face à cette nouvelle classification, l’OMS lance un appel pressant au renforcement des stratégies de lutte contre les hépatites virales. L’organisation préconise d’intégrer de manière systématique la prévention du VHD dans les plans nationaux de santé publique. Cela implique d’élargir l’accès à la vaccination, aux tests de dépistage, aux diagnostics et aux traitements. Les systèmes de santé sont invités à coordonner leurs efforts pour intégrer la prise en charge du VHD dans les soins de routine, dans le but de réduire la charge de morbidité et de mortalité liée à la cirrhose et au cancer du foie. L’OMS rappelle que l’atteinte des objectifs mondiaux de lutte contre l’hépatite d’ici 2030 pourrait sauver des millions de vies et prévenir de nouvelles infections.