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L’or dépasse les 4 000 $ : jusqu’où peut-il aller ?

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L’or pulvérise les records, porté par l’instabilité mondiale et l’appétit des investisseurs

L’or continue de scintiller, atteignant hier un jalon historique : pour la première fois, les contrats à terme de décembre ont franchi le seuil des 4 000 dollars l’once. Cette performance, véritable psychodrame financier, témoigne de l’appétit féroce pour les valeurs refuges dans un contexte mondial marqué par l’incertitude. Les prix au comptant ont emboîté le pas, s’envolant à 4 040 dollars l’once, stimulés par une conjonction de facteurs : l’agitation politique à Washington, les turbulences en France et une économie mondiale toujours aussi floue.

Le chaos politique, carburant de l’ascension aurifère

Les marchés financiers détestent l’incertitude, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’offre est pléthorique. Paradoxalement, les marchés actions, malgré leur volatilité, ne montrent pas de signe de panique majeure, le S&P 500 clôturant près de ses plus hauts historiques. C’est l’or qui capte l’essentiel des flux vers les valeurs refuges, tandis que les bourses semblent trouver leur équilibre grâce à des achats opportunistes lors des replis.

À Washington, la paralysie gouvernementale a entamé sa deuxième semaine, sans qu’une issue ne se profile. Un nouveau vote est prévu au Sénat aujourd’hui, mais la détermination des deux partis rend une percée improbable. Les salaires des fonctionnaires et du personnel militaire, attendus dès le 10 et le 15 octobre, constituent une échéance critique. Leur non-paiement pourrait amplifier l’anxiété des marchés.

Parallèlement, la crise politique hexagonale ajoute une touche européenne à ce tableau déjà instable, renforçant la perception de l’or comme une assurance contre la tempête. Toutefois, certains analystes soulignent que la dynamique actuelle, alors que les actions flirtent avec leurs sommets, pourrait également être alimentée par la spéculation. Les traders chercheraient à anticiper les achats massifs des banques centrales, dont la demande reste soutenue.

L’économie dans le brouillard, l’or en phare

Les dernières statistiques économiques ne manquent pas de susciter l’inquiétude. La production industrielle de la zone euro a chuté de manière spectaculaire de 4,3 % en glissement mensuel, un signal d’alarme quant à la récession qui menace la première économie européenne. Outre-Atlantique, les indicateurs américains peinent à convaincre, à l’image de… (les données spécifiques manquent dans la source). S’ajoute à cela la fermeture actuelle du gouvernement fédéral américain.

Cette dernière a également mis un coup d’arrêt à la publication de données économiques clés aux États-Unis, notamment les chiffres de l’emploi, initialement attendus la semaine dernière. En l’absence de statistiques officielles, les acteurs du marché se rabattent sur les rapports du secteur privé pour évaluer la santé économique.

La Réserve fédérale se retrouve ainsi face à un défi de taille : naviguer dans ce vide informationnel. Sans données fraîches, la Fed semble contrainte de s’en tenir à ses dernières communications, qui prévoyaient encore deux baisses de taux avant fin 2025. Les marchés à terme anticipent d’ailleurs toujours une réduction de 25 points de base ce mois-ci, renforçant l’attrait des actifs sans rendement, tels que l’or.

ETF et banques centrales : des piliers de la vigueur aurifère

L’appétit des investisseurs pour l’or ne faiblit pas. Les fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or ont enregistré une nouvelle semaine d’afflux massifs, portant le total des actifs sous gestion à des niveaux inédits depuis septembre 2022. Cette tendance haussière suggère un potentiel d’appréciation supplémentaire et peu de raisons d’assister à des prises de bénéfices importantes. Un changement fondamental serait nécessaire pour provoquer une telle vague.

Du côté des banques centrales, la Banque populaire de Chine poursuit ses achats pour le onzième mois consécutif, imperturbable face aux prix record. Il semble que les banques centrales mondiales continuent leur stratégie de diversification, s’éloignant du dollar américain et des bons du Trésor.

Perspectives : optimisme teinté de prudence

Les facteurs qui alimentent la flambée de l’or restent bien en place : tensions géopolitiques, politiques commerciales agressives, achats soutenus des banques centrales et anticipations de baisses de taux de la Fed. Cependant, certains risques ne doivent pas être négligés. Une pause, voire un retournement, des achats de banques centrales, ou un apaisement soudain des tensions géopolitiques, pourraient atténuer l’attrait défensif de l’or.

Pour l’heure, la dynamique et les forces macroéconomiques convergent favorablement, de quoi satisfaire les traders haussiers et encourager les achats à la baisse.

Analyse technique et pistes pour les traders

Avec le franchissement de la barre des 4 000 $, de nombreux objectifs des traders haussiers ont été atteints, notamment la zone des 4 043 $, correspondant à un objectif de mouvement mesuré depuis la cassure d’un triangle. Tant qu’une tendance baissière claire ne se dessine pas, les acheteurs resteront vigilants pour saisir de nouvelles opportunités, d’autant plus que le métal jaune a non seulement franchi, mais littéralement enfoncé cette résistance psychologique.

Les prochains objectifs haussiers incluent les seuils ronds tels que 4 100 $, 4 200 $, etc. À la baisse, le support immédiat se situe désormais à 4 000 $, suivi de la ligne de tendance, puis de 3 900 $.

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