Home International Lula propose de réduire les tensions entre les États-Unis et le Venezuela grâce à la médiation du Brésil

Lula propose de réduire les tensions entre les États-Unis et le Venezuela grâce à la médiation du Brésil

0 comments 43 views

Publié le 2025-10-26 21:56:00. Le président brésilien Lula da Silva a proposé une médiation entre les États-Unis et le Venezuela, tandis que Caracas demande le retrait de la nationalité d’un opposant clé, créant un climat de tensions dans la région.

Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil, a offert ses bons offices pour apaiser les relations tendues entre les États-Unis et le Venezuela. Cette proposition intervient dans un contexte de déploiement naval américain dans les Caraïbes et d’opérations ciblées contre des navires associés au trafic de drogue.

L’initiative brésilienne a été soulevée lors d’une rencontre entre le président Lula et Donald Trump, l’ancien président américain, en marge du sommet de l’ASEAN à Kuala Lumpur, a précisé le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira. « Lula a réaffirmé que l’Amérique latine et l’Amérique du Sud sont des régions de paix », a expliqué M. Vieira, soulignant que le dirigeant brésilien s’était proposé comme « interlocuteur » pour trouver des « solutions acceptables pour les deux parties », un rôle qu’il a déjà assumé par le passé vis-à-vis du Venezuela.

Ces dernières semaines, l’administration américaine a renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes, déployant des forces navales, aériennes et terrestres, ainsi que le porte-avions USS Gerald R. Ford. Ces manœuvres s’inscrivent dans le cadre de la lutte antidrogue menée par Washington, qui qualifie les attaques contre une douzaine de navires dans la zone – décrites par certains juristes internationaux comme des « exécutions extrajudiciaires » – d’opérations visant à endiguer le flux de cocaïne vers les États-Unis.

Retrait de nationalité pour Leopoldo López

Parallèlement, le président vénézuélien Nicolás Maduro a adressé une requête à la Cour suprême de justice (TSJ) afin de retirer la nationalité au leader de l’opposition Leopoldo López. Ce dernier est accusé d’avoir encouragé une « invasion militaire étrangère » et d’avoir plaidé en faveur de sanctions et de blocus contre le pays.

Cette démarche, qualifiée d’« sans précédent », semble entrer en contradiction avec la Constitution vénézuélienne, qui prohibe la déchéance de nationalité pour les citoyens d’origine. La vice-présidente Delcy Rodríguez a justifié la demande en invoquant l’article 130 de la loi fondamentale, lequel impose aux Vénézuéliens d’« honorer et défendre la patrie » ainsi que de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale. Mme Rodríguez a accusé M. López de « trahison de la nation » pour avoir sollicité une intervention armée américaine visant à renverser le gouvernement de M. Maduro.

Cette offensive judiciaire survient après des déclarations de Leopoldo López, exilé à Madrid depuis 2020. Il avait confié à l’agence EFE que « la négociation n’est plus utile » pour parvenir à un changement politique au Venezuela, prônant plutôt la « pression » exercée par les États-Unis comme un levier pour « progresser vers des objectifs sur le territoire national ». L’article 35 de la Constitution vénézuélienne stipule que les Vénézuéliens de naissance ne peuvent être privés de leur nationalité, et n’autorise la révocation de la nationalité acquise par naturalisation que par décision judiciaire. Si la demande aboutit, M. López deviendrait le premier citoyen né au Venezuela à subir une telle mesure.

Le parti de Leopoldo López, Volonté Populaire (VP), a dénoncé cette initiative sur le réseau X, la qualifiant de « nouvelle attaque politique » reflétant « l’état d’impuissance juridique dans lequel vivent des millions de Vénézuéliens ». Dans un communiqué, VP a accusé le gouvernement de « mimer les schémas répressifs de Cuba et du Nicaragua, en tentant d’effacer l’identité de ceux qui réclament la liberté ».

L’opposant Edmundo González Urrutia, également réfugié en Espagne et se présentant comme président par intérim autoproclamé, a qualifié cette initiative de « violation flagrante du droit international ». « Priver un citoyen de sa nationalité pour des raisons politiques viole les principes les plus fondamentaux du droit international », a-t-il tweeté, exprimant sa solidarité envers Leopoldo López et « toutes les victimes vénézuéliennes du régime ».

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.