Publié le 13 février 2026 18h18. Une vaste étude finlandaise révèle un lien entre la prise d’antidépresseurs de type ISRS pendant la grossesse et un risque accru de diabète gestationnel ainsi que de difficultés d’adaptation chez le nouveau-né, tout en soulignant un effet protecteur contre l’accouchement prématuré.
- L’utilisation d’ISRS pendant la grossesse est associée à un risque plus élevé de diabète gestationnel.
- Les nouveau-nés exposés aux ISRS présentent un risque accru de faibles scores d’Apgar et de problèmes respiratoires.
- La prise d’ISRS pendant la grossesse pourrait réduire le risque d’accouchement prématuré et de faible poids à la naissance.
Une équipe internationale de chercheurs a mené une analyse approfondie des données de plus de 1,27 million de naissances en Finlande entre 1996 et 2018. L’étude, fruit d’une collaboration entre le Centre de recherche pour l’enfance Psychiatrie de l’Université de Turku et l’Université Columbia à New York, visait à déterminer si les risques prénatals associés aux antidépresseurs inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) étaient directement liés aux médicaments ou à la dépression maternelle elle-même.
Les résultats indiquent que les femmes prenant des ISRS pendant leur grossesse présentent un risque significativement plus élevé de développer un diabète gestationnel par rapport à celles souffrant de dépression mais ne prenant pas de médicaments. En revanche, l’étude a également mis en évidence un effet bénéfique des ISRS sur la réduction du risque de césarienne, d’accouchement très prématuré et de faible poids à la naissance.
Du côté des nouveau-nés, l’exposition aux ISRS a été corrélée à des scores d’Apgar plus faibles à la 1re et à la 5e minute de vie, ainsi qu’à une augmentation des problèmes respiratoires nécessitant parfois des soins néonatals intensifs. Il est important de noter que l’étude n’a pas révélé d’augmentation du risque de malformations congénitales majeures.
En comparant les femmes ayant arrêté de prendre des ISRS avant la grossesse à celles qui ont continué pendant la grossesse, les chercheurs ont constaté que la poursuite du traitement était associée à un risque plus faible d’accouchement prématuré et de faible poids à la naissance. Cependant, les risques liés aux difficultés d’adaptation des nouveau-nés restent préoccupants.
« Nos résultats soulignent l’importance des décisions de traitement individualisées pendant la grossesse. Le traitement de la dépression est important et l’utilisation des ISRS semble protéger contre le risque d’accouchement prématuré associé à la dépression. En même temps, il est cependant nécessaire de surveiller de près à la fois l’évolution de la grossesse et la santé du nouveau-né »,
Docent Heli Malm, auteur principal de l’étude
Docent Malm souligne également la nécessité d’approfondir les recherches sur l’association observée entre les ISRS et le diabète gestationnel, afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques potentiels en jeu.
« L’association que nous avons observée avec le diabète gestationnel nécessite des recherches plus approfondies afin de mieux comprendre la possible relation de cause à effet et les mécanismes biologiques sous-jacents. »
Docent Heli Malm, auteur principal de l’étude
L’étude a utilisé une méthodologie rigoureuse, comparant les mères ayant utilisé des ISRS pendant la grossesse à des groupes témoins souffrant de dépression mais ne prenant pas de médicaments, ainsi qu’à des femmes ayant arrêté leur traitement avant la grossesse. Des analyses comparatives entre frères et sœurs ont également été réalisées pour tenir compte des facteurs génétiques et environnementaux.
Le Centre de recherche en pédopsychiatrie fait partie du Conseil de recherche du centre phare de recherche INVEST de Finlande sur les inégalités, les interventions et le nouvel État-providence.
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