Publié le 26 février 2026. Une enquête de la police italienne a révélé l’infiltration présumée d’un hôpital de Naples par la Camorra, la mafia napolitaine, qui y aurait mis en place un système de fraudes et de détournements de fonds, allant jusqu’à la manipulation de corps.
Quatre personnes ont été arrêtées mercredi dans le cadre d’une opération menée par la police financière et les carabiniers de Naples. L’enquête, déclenchée par le témoignage d’un repenti, met en lumière un réseau d’activités criminelles lucratives orchestrées par le clan Contini au sein de l’hôpital San Giovanni Bosco. Selon les procureurs, « les opérations ont été rendues possibles par la capacité d’intimidation de l’organisation, une force qui plie les fonctionnaires et les citoyens à sa volonté ».
Le clan aurait pris le contrôle de services essentiels de l’hôpital, notamment les cafétérias, les distributeurs automatiques de boissons et de collations. Mais l’implication de la Camorra ne s’arrête pas là. L’organisation aurait exploité une société de transport ambulancier, s’appuyant sur la complicité de personnel médical, de paramédicaux, d’agents de sécurité privés et d’employés d’autres entreprises travaillant à l’hôpital.
Les enquêteurs soupçonnent également les suspects d’avoir orchestré une série de fraudes à l’assurance. Ces fraudes impliquaient la mise en scène d’accidents de la route, le recrutement de faux témoins et la production de faux rapports d’expertise afin d’obtenir des indemnisations.
La coopération des employés de l’hôpital aurait été obtenue par l’intimidation et la violence. En échange de leurs services, le clan et ses alliés bénéficiaient de faveurs illicites, telles que la délivrance de faux certificats médicaux, notamment pour obtenir des libérations de prison anticipées. Un médecin urgentiste est notamment accusé d’avoir falsifié des documents pour permettre le transport illégal du corps d’une patiente décédée dans une ambulance privée liée au clan.
Selon les procureurs, un système macabre était en place : des patients décédés étaient illégalement retirés de l’hôpital pour éviter les procédures standard de la morgue. Pour donner l’illusion que le patient était encore vivant, le corps était placé sur une civière équipée d’un masque à oxygène pendant le transport. Les familles étaient facturées entre 700 et 1 200 € (environ 610 à 1 045 £) pour ce service illégal.
L’enquête s’étend également à une psychiatre employée par les autorités sanitaires locales, soupçonnée d’avoir délivré de faux certificats médicaux à des individus liés à la Camorra, leur permettant d’obtenir des avantages judiciaires, voire une libération de prison sur la base d’évaluations psychiatriques falsifiées.
Parmi les personnes arrêtées figure également un avocat, accusé de servir d’intermédiaire entre la mafia et les milieux carcéraux. Il aurait notamment transmis des informations et facilité le versement de sommes d’argent mensuelles – connues sous le nom de mésate – aux familles des membres de la Camorra incarcérés.
La Camorra, l’une des plus anciennes et des plus importantes organisations criminelles d’Italie, est particulièrement active dans la région de Campanie, notamment dans les provinces de Naples, Caserte et Salerne. Elle est impliquée dans de nombreuses activités illégales, telles que le trafic de drogue, le racket, la contrefaçon et le blanchiment d’argent. Cette infiltration de l’hôpital de Naples illustre la capacité de la Camorra à s’infiltrer dans les institutions publiques et à exploiter les vulnérabilités du système.