Washington, D.C. – Donald Trump a créé la surprise mercredi en annonçant avoir ordonné au département de la Guerre de reprendre « immédiatement » les essais d’armes nucléaires, une initiative qu’il justifie par la nécessité de rivaliser avec la Russie et la Chine. Cette déclaration intervient peu avant une rencontre prévue entre le président américain et son homologue chinois, Xi Jinping.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé que les États-Unis disposaient « plus d’armes nucléaires que n’importe quel autre pays ». Il a précisé que ce statut avait été atteint, « y compris une mise à jour et une rénovation complètes des armes existantes, au cours de mon premier mandat ». Il a ajouté, avec une pointe d’amertume, « En raison de l’énorme pouvoir destructeur, je détestais le faire, mais je n’avais pas le choix ! » Il a positionné la Russie en deuxième position et la Chine en troisième, soulignant que cette dernière « le sera [aussi] d’ici 5 ans » en termes de puissance nucléaire.
Ces propos ont immédiatement suscité des réactions à l’international. Le ministère chinois des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Guo Jiakun, a appelé les États-Unis à privilégier « l’équilibre et la stabilité stratégiques mondiaux » plutôt qu’une escalade dans les essais nucléaires. « La Chine espère que les États-Unis respecteront sincèrement leurs obligations au titre du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et leur engagement en faveur d’un ‘moratoire sur les essais nucléaires’, et prendront des mesures concrètes pour faire respecter le régime international de désarmement nucléaire et de non-prolifération », a déclaré Guo Jiakun jeudi.
Du côté russe, un haut responsable a mis en garde contre les conséquences d’une telle reprise des essais, évoquant le risque d’une « réponse en chaîne » susceptible de plonger la sécurité mondiale dans le « chaos ».
Aux États-Unis mêmes, cette décision a été vivement critiquée. Daryl G. Kimball, directeur de l’Arms Control Association, a qualifié cette initiative de « mal informée et déconnectée de la réalité » sur le réseau social X. Il a mis en garde contre le fait que cela « pourrait déclencher une réaction en chaîne d’essais nucléaires par les adversaires américains », dénonçant une politique « incohérente : appeler à des négociations sur la dénucléarisation un jour, menacer d’essais nucléaires le lendemain ».
Il est important de noter que les États-Unis et la Russie possèdent des arsenaux nucléaires d’une taille similaire, chacun détenant plus de 5 000 ogives. La Chine, quant à elle, en compte environ 600, avec des projections l’estimant à 1 000 d’ici 2030. Six autres pays – France, Royaume-Uni, Israël, Inde, Pakistan et Corée du Nord – possèdent également des armes nucléaires. À l’exception de la Corée du Nord, aucun pays n’a procédé à un essai nucléaire depuis 1992. Cependant, la Russie a récemment testé un missile à propulsion atomique et à capacité nucléaire, dont la portée est jugée quasi illimitée. Donald Trump avait d’ailleurs critiqué ce test russe, appelant Moscou à « mettre fin à sa guerre en Ukraine » plutôt qu’à « tester des missiles ».