Publié le 2025-10-24 01:03:00. La Banque d’Irlande revoit à la hausse ses projections pour l’économie nationale, anticipant une croissance de près de 11 % cette année. Cette performance place l’Irlande en tête des économies avancées mondiales.
- La Banque d’Irlande anticipe une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) irlandais de 10,7 % en 2025, révisant une prévision antérieure de 8,1 %.
- Cette projection est portée par un secteur pharmaceutique dynamique, une consommation résiliente et de solides investissements publics.
- L’accord récent de Pfizer aux États-Unis garantissant le maintien des exemptions tarifaires pour les exportations irlandaises contribue à cette perspective favorable.
La Banque d’Irlande a ajusté ses prévisions économiques pour 2025, annonçant une croissance impressionnante de 10,7 % du PIB. Cette nouvelle estimation, largement supérieure aux 8,1 % précédemment estimés, aligne la banque sur les projections du ministère des Finances irlandais. L’essentiel de cette révision à la hausse s’explique par la vigueur du secteur pharmaceutique, la solidité des dépenses de consommation et l’élan des investissements publics.
La croissance du PIB est notamment soutenue par une accumulation des stocks de produits pharmaceutiques destinés à l’exportation vers les États-Unis, réalisée avant l’instauration de nouvelles taxes douanières en début d’année. Conall Mac Coille, économiste en chef de la Banque d’Irlande, souligne la résilience des exportations irlandaises, particulièrement dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de la pharmacie, qui les protègent des turbulences économiques mondiales.
« Malgré les vents contraires mondiaux, le profil défensif des exportations irlandaises, en particulier dans les secteurs pharmaceutique et des TIC, continue de la protéger de la volatilité. »
Conall Mac Coille, économiste en chef, Banque d’Irlande
Il ajoute que l’accord entre Pfizer et la Maison Blanche, qui assure le maintien des exemptions douanières pour les exportations irlandaises, positionne favorablement l’Irlande par rapport à d’autres nations européennes dont l’industrie manufacturière est fortement exposée aux tarifs américains. Le géant pharmaceutique Pfizer, qui possède une présence significative en Irlande, s’est engagé à réduire les prix de certains médicaments sur ordonnance aux États-Unis en contrepartie de ces exemptions.
Au-delà du PIB, la demande intérieure ajustée, indicateur plus précis de l’activité économique sous-jacente, devrait croître de 3,4 % en 2025 et de 2,6 % en 2026, sous l’effet d’une activité soutenue dans les secteurs public et privé. Cependant, la banque anticipe un ralentissement du rythme de création d’emplois à partir de 2026, conséquence potentielle de contraintes d’infrastructure.
Selon le rapport, le dynamisme actuel de l’emploi en Irlande, avec des taux de croissance supérieurs à 3 %, est soutenu par une migration entrante importante et une participation accrue au marché du travail. Néanmoins, des tensions apparaissent déjà concernant le logement et la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée. Ces facteurs devraient conduire à une croissance de l’emploi ramenée à 1,5 % en 2026, avec une légère augmentation du taux de chômage à 4,8 % l’année prochaine.
Concernant le marché immobilier, la Banque d’Irlande prévoit une augmentation des prix d’environ 6 % pour l’année en cours et de 3,5 % en 2026, malgré certains signes de décélération. Les récentes données sur les achèvements de logements indiquent que le total annuel devrait atteindre environ 34 500 unités, le chiffre le plus élevé depuis la période du « Tigre Celtique ». Cela contredit les prévisions antérieures qui annonçaient une contraction de la construction de logements pour 2025.
Pour Dublin, les données relatives au pipeline de construction d’appartements révèlent que de nouvelles unités sont encore en développement pour les deux à trois prochaines années. Les défis liés à la viabilité économique des projets et aux faibles permis de construire pour les appartements ne devraient donc pas se manifester avant 2028-2029.
Sur le plan budgétaire, le rapport note que le budget 2026 prévoit une augmentation des dépenses publiques de 8 %, pour atteindre 118 milliards d’euros, une hausse plus importante que celle attendue pour les recettes fiscales (4,4 %). En conséquence, l’excédent budgétaire du gouvernement devrait passer de 10 milliards d’euros en 2025 à 5 milliards d’euros en 2026. La banque met en garde contre un risque de dépassement des dépenses budgétaires, une situation déjà observée les années précédentes.