Publié le 2024-02-29 14:30:00. Une étude américaine révèle que les décès maternels sont plus souvent liés à des causes externes, comme les surdoses accidentelles, les violences et les suicides, qu’à des complications médicales traditionnelles, soulignant la nécessité d’une approche plus globale des soins périnataux.
- Les surdoses accidentelles de drogues et de médicaments représentent la première cause de décès maternel (5,2 décès pour 100 000 naissances).
- Les meurtres et les suicides suivent de près (3,9 décès pour 100 000 naissances).
- La mortalité maternelle est restée globalement stable entre 2018 et 2023, à l’exception d’une augmentation pendant la pandémie de COVID-19.
Contrairement aux idées reçues, les complications médicales ne sont pas toujours la principale cause de décès chez les femmes enceintes et celles qui viennent d’accoucher. Une recherche menée par des scientifiques américains, et dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, met en lumière une réalité préoccupante : les surdoses accidentelles, les violences et les suicides sont des facteurs de mortalité maternelle plus fréquents qu’on ne le pense.
L’étude s’est basée sur l’analyse des certificats de décès de femmes enceintes et de femmes ayant accouché jusqu’à 42 jours après la naissance, sur la période allant de 2018 à 2023. Les données révèlent que les surdoses accidentelles de drogues et de médicaments sont responsables de 5,2 décès pour 100 000 naissances. Les meurtres et les suicides combinés représentent un taux de 3,9 décès pour 100 000 naissances.
L’analyse a également mis en évidence une différence de timing entre les causes de décès. Les surdoses accidentelles et les actes de violence se produisent majoritairement pendant la grossesse, tandis que les décès liés à des causes médicales – maladies cardiovasculaires, infections, hypertension artérielle et hémorragies – sont plus fréquents pendant la période post-partum.
Selon Hooman Azad, spécialiste en médecine prénatale à l’Université Columbia de New York, cette étude souligne un angle mort dans la prévention de la mortalité maternelle.
« Les surdoses et la violence ne sont généralement pas à l’ordre du jour lorsqu’il s’agit de mesures visant à réduire la mortalité maternelle, mais ces événements sont beaucoup plus fréquents chez les femmes enceintes et les femmes qui ont récemment accouché que nous ne le pensons. »
Hooman Azad, spécialiste en médecine prénatale à l’Université Columbia de New York
Il ajoute :
« Nous ne sommes peut-être pas aussi efficaces pour détecter la consommation de drogues et la violence domestique chez nos femmes enceintes que pour détecter les complications médicales. Des soins multidisciplinaires et une orientation vers des services psychologiques et sociaux pourraient sauver des centaines de vies. »
Hooman Azad, spécialiste en médecine prénatale à l’Université Columbia de New York
Bien que la mortalité maternelle soit restée globalement stable durant la période étudiée, une augmentation a été observée pendant la pandémie de COVID-19. Les chercheurs insistent sur l’importance d’une approche holistique et collaborative pour améliorer la sécurité des femmes enceintes et des jeunes mères.
Source: DOI 10.1056/NEJMc2512078