Publié le 2025-10-24 11:37:00. Le propriétaire du club de football Levski Sofia, Nasko Sirakov, a ouvert la porte à une potentielle vente de sa part majoritaire à la société Sport Republic, déjà active dans le monde du sport. Cette annonce intervient dans un contexte où les supporters expriment leurs inquiétudes quant à la gestion actuelle et aux ambitions du club.
- Nasko Sirakov a confirmé des discussions préliminaires avec Sport Republic pour la cession de 85,7% des actions.
- La société candidate possède déjà plusieurs clubs, dont Southampton (Angleterre), Valenciennes (France) et Goztepe (Turquie).
- Des questions cruciales sur l’indépendance, les investissements et les résultats sportifs ont été soulevées par le propriétaire.
Nasko Sirakov, l’actionnaire majoritaire du Levski Sofia, a révélé avoir tenu des pourparlers exploratoires avec Sport Republic, un groupe d’investissement sportif international. L’objectif : la vente de la majorité des actions du club bulgare. Cette société, qui a déjà jeté son dévolu sur des clubs comme Southampton en Angleterre, Valenciennes en France, Goztepe en Turquie et Mali Koura au Mali, manifeste un intérêt concret pour le Levski. Fait notable, l’entraîneur de l’équipe turque, Goztepe, est Stanimir Stoilov, une figure très appréciée par les supporters du Levski et ancien mentor du club.
Lors d’une conversation avec Dirk Gerkens, directeur exécutif de Sport Republic, la volonté d’acquérir les parts du Levski a été confirmée. Cependant, Nasko Sirakov a posé des conditions claires pour aller de l’avant. Il attend une lettre d’intention officielle ainsi qu’un audit financier approfondi (due diligence), dont les conclusions seraient communiquées à la direction du club. Une première missive de Sport Republic avait bien été envoyée le 2 août, mais l’audit n’a jamais été réalisé, freinant ainsi les négociations précédentes.
Ce manque d’audit avait d’ailleurs été l’une des raisons ayant conduit à l’échec des discussions entre Sirakov et Sport Republic en février 2023, à la dernière minute. À l’époque, l’intérêt émanait de Dragan Šolak, ancien patron du « United Group » (groupe auquel appartient Sport Republic). Les dettes du club, s’élevant à plus de 20 millions de leva bulgares (environ 10 millions d’euros) envers l’ancien propriétaire Vasil Bozhkov, avaient également constitué un obstacle majeur. En juin dernier, Šolak a cédé sa place à la tête de Sport Republic à Dirk Gerkens, qui dirigeait auparavant l’une des filiales du « United Group », « Nova Broadcasting Group ».
Aujourd’hui, Nasko Sirakov se montre plus ouvert à la conclusion d’un accord, mais il a publiquement énuméré une série d’exigences adressées à Sport Republic. Il demande notamment des représentants officiels pour mener les négociations, des garanties solides quant à l’autonomie et l’identité du club, ainsi qu’une protection contre un modèle de « club satellite ». Le Levski ne devrait pas être instrumentalisé au profit des autres clubs du groupe. Le respect des règles du fair-play financier, des engagements en matière d’investissements et des objectifs sportifs sont également au cœur de ses préoccupations.
« Nous attendons des actes concrets, des réponses précises aux questions soulevées et des garanties solides pour sauvegarder l’indépendance, l’identité et les ambitions européennes du club. C’est à ces conditions que nous pourrons envisager les prochaines étapes dans les discussions sur la propriété », a déclaré Nasko Sirakov. Il a d’ailleurs prévenu Sport Republic qu’il explorait également d’autres pistes et discutait avec d’autres candidats potentiels pour la reprise du Levski.
Les supporters interrogent Nasko Sirakov
Parallèlement à ces développements, Nasko Sirakov fait également face à des questions pressantes de la part des supporters du Levski, regroupés au sein de l’association « Levski ». Ces derniers critiquent depuis plusieurs années la gestion du club par le propriétaire actuel.
« L’actionnaire majoritaire a annoncé que la construction du stade Georgi Asparuhov était en phase finale, et que près de 600 000 leva (environ 300 000 euros) d’argent des Levskars avaient été dépensés pour les études préliminaires. Or, nous n’avons connaissance d’aucun résultat concret. Nous n’avons aucune réponse quant au plan de développement de notre équipe. Chaque saison sans titre ni coupe est un échec, une simple participation européenne qui ne parvient pas en phase de groupes ne constitue pas une réussite », a déploré le président de l’association, Dimitar Kostadinov.
Momchil Lazarov, membre du conseil de surveillance du Levski, a ajouté : « On ne parle du propriétaire majoritaire que lorsqu’un problème survient, après une défaite ou une situation négative. La question du stade est bien plus importante que n’importe quel résultat sportif. Pour nous, les supporters, ces questions ne sont pas anodines. Sans elles, un club ne peut exister décemment de nos jours. »
De son côté, Petar Dimitrov, animateur télévisé au sein de l’association de supporters, a vivement interpellé Nasko Sirakov : « Je pose une question à notre actionnaire majoritaire et à ceux qui le soutiennent dans la gouvernance : que se passe-t-il concrètement avec le stade ? Quant aux résultats sportifs, ils maintiennent la direction en place pour l’instant. Avez-vous déjà vu un contrat de trois mois être signé avec un entraîneur ? » Il fait référence ici au nouveau contrat du coach du Levski, Julio Velázquez, dont les termes ont été jugés pour le moins inhabituels : une clause de qualification européenne, qualifiée de « plaisanterie », et le versement de trois mois de salaire en cas de résiliation par le club. « C’est une nouveauté dans le football, même les entraîneurs bulgares ne signent pas de tels contrats. Ce sont les entraîneurs les moins protégés au monde », a conclu Dimitrov.